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CO de 2019-2018/CO n° 1215 du 02 mars 2019/Première page

Première page

Éditorial: Changement de statut : pour quels intérêts ?

En Guadeloupe, la question du statut refait surface dans le petit monde politicien. La présidente du Conseil départemental, Borel-Lincertin, a récemment proposé de réunir le congrès des élus pour envisager une assemblée unique, regroupant Conseil départemental et Conseil régional, à l’instar de celle qui a vu le jour en 2015 en Martinique.  

Le président de Région Chalus s’est aussi dit favorable à ce changement institutionnel, ainsi que son prédécesseur Lurel, qui y était opposé naguère. Dans un archipel de 400 000 habitants, il paraît logique de regrouper Région et Département dans une structure unique. Certains nationalistes des deux îles militent pour une plus large autonomie ou pour l'indépendance. Mais que gagneront les travailleurs et les pauvres à cette évolution du statut, là est la vraie question. En Martinique la création de la CTM (Collectivité Territoriale de la Martinique), dirigée par l’attelage patriotico-capitaliste formé par Marie-Jeanne et le capitaliste Monplaisir, n’a pas amélioré les choses pour les travailleurs. Les agents transférés à la CTM ont d'ailleurs fait grève à plusieurs reprises pour défendre leurs droits. Rien n’a changé concernant les deux fléaux qui frappent les travailleurs et la population pauvre : le chômage et la vie chère.

En Martinique comme en Guadeloupe, ce sont les gros possédants qui dictent leur feuille de route au personnel politique. Monplaisir incarne cette proximité, lui qui est à la fois le numéro deux de la CTM et l’un des riches patrons de la Martinique, exploiteur de 1 200 salariés. En Guadeloupe, un fervent partisan du changement de statut est Blandin, le dirigeant du Medef, c’est-à-dire le porte-parole des gros capitalistes. Son rêve est de rogner sur les salaires et les droits des travailleurs, au prétexte de les adapter à l’économie locale. L’autonomie que réclame Blandin, c’est la liberté pour les patrons d’exploiter davantage les salariés. La question du statut se pose depuis que les quatre plus « vieilles colonies » de la France ont été créées au 17e siècle en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et à La Réunion. Les gros possédants locaux se sont toujours chamaillés avec le pouvoir français pour obtenir des lois d’exception qui protègent au mieux leurs intérêts. À l’époque de l’esclavage, ils ont obtenu le « Code Noir ». Ensuite, le statut colonial a permis aux mêmes grandes familles exploiteuses de continuer à prospérer. La départementalisation de 1946 a protégé leurs intérêts. C’est par des luttes acharnées que les travailleurs ont conquis les mêmes droits que leurs frères de classe en France.

Il ne faut attendre aucun changement bénéfique aux travailleurs et aux pauvres dans le cadre de la tutelle impérialiste française. Ce qui compte, c’est qu'une partie des profits amassés par les riches et les capitalistes soit versée aux travailleurs sous forme d'augmentation de pouvoir d'achat, de services publics gratuits et efficaces. Si le changement de statut peut garantir cela alors oui, les révolutionnaires communistes que nous sommes y sont favorables. Et non dans le cas contraire. Il est évident que les travailleurs n'obtiendront de tels changements que s'ils constituent une force politique qui sait se faire craindre de l'adversaire de classe.

C’est ainsi, par la grève générale, qu'ils ont pu obtenir des améliorations, comme les hausses de salaire gagnées en 2009. C’est ainsi qu'ils gagneront un changement de statut qui en vaille vraiment la peine pour eux-mêmes. Non à l'autonomie des notables et des capitalistes à la Blandin et Monplaisir ! Oui à celle des travailleurs et des pauvres !  


Guadeloupe : La journée d’action du 14 février

Jeudi 14 février, la journée de grèves et de mobilisations organisée par l’ensemble des syndicats ouvriers et d’enseignants a été un succès. Plusieurs centaines de manifestants se sont retrouvés devant le rectorat pour protester en particulier contre les suppressions de postes. Avant, les syndicats enseignants avaient appelé leurs militants à manifester depuis Carrefour-Milénis jusqu’au rectorat. La manifestation fut dynamique. Les grévistes de Carrefour-Milénis et Promocash étaient présents et ont manifesté avec leur propre banderole. Ils venaient de terminer leur grève victorieusement. En même temps, plusieurs mobilisations avaient lieu dans les entreprises comme au CHU où les employés se sont rassemblés à l’entrée, au SYVADE (syndicat de valorisation des déchets de la Guadeloupe) à l’EPSM (l’hôpital de Montéran), à la Régie des eaux du Moule, à la CAGSC (ex CASBT), Acajou alternative, (où 80 salariés risquent de perdre leur emploi), Agis car, la crèche « enfance et bonheur », Idex, Sogetra, Dodin, Milénis, Toyota, Gup, dans les collectivités de Deshaies, Sainte Rose, Terre-de-Haut, Saint-Martin, au SIAEAG, Eau d’excellence.
Le soir un meeting s'est tenu à Moule avec un ensemble d'organisations syndicales et politiques et plusieurs centaines de personnes pour un hommage aux tués du 14 février 1952. Notre camarade Claude Fletcher y a pris la parole pour Combat ouvrier.


Martinique : FEDOM-MEDEF : un patronat… aux dents longues !

Jean-Pierre Philibert, le président de la Fédération des entreprises d'Outre-mer (FEDOM), a profité de son récent passage en Martinique pour rappeler au gouvernement ses exigences.  

Il était accompagné du président du MEDEF local, Bernard Edouard qui est le premier vice-président de la FEDOM, mais également le directeur administratif et financier du Groupe Parfait. Lors d’une conférence de presse, ils ont dressé un bilan de la politique menée et des mesures prises par le gouvernement.

Ils ont aussi rappelé à ce dernier ce que le patronat attendait de lui. « Même si on est très loin du compte il y a des signes de satisfaction » « Fiscalité, plutôt bien ; Zone franches, très bien ; Exonérations, peut mieux faire ». Macron, Philippe, mais également leurs relais locaux sont prévenus : il faudra faire plus et plus vite. Et ne reculant devant rien, ils sont allés jusqu’à réclamer des dispositions pour « la lutte contre la vie chère ». Ou encore pour certaines collectivités dont la situation financière met «  en péril les entreprises et donc l'emploi de leurs salariés ».

Philibert essaie de s’ériger en grand défenseur de l’intérêt général, des salariés, des collectivités, etc. « Il y a une douceur trop sucrée, qui sent l'hypocrisie ». Ce même Philibert qui avait suggéré de retirer à ceux qui les perçoivent les 40% de prime de vie chère afin de les reverser directement… aux entreprises sous forme de subventions … pour qu’elles créent des emplois. Avec Philibert et ses comparses, c’est toujours la même chanson : donnez-nous de l’argent pour créer et/ou sauver les emplois. Or plus ils en reçoivent, et plus ils licencient. Aussi, la solution est ailleurs. Pour que la société aille mieux, il faut exproprier ces parasites et prendre le contrôle de l’économie.


Guadeloupe : Grève à Montéran : des avancées ! 

Les agents de l’établissement public de santé mentale de Montéran à Saint-Claude se sont mis en grève le 5 février pour dénoncer leurs conditions de travail désastreuses et le manque de personnel. Les agents du service psychiatrie du CHU de Pointe-à-Pitre/Abymes déplacés à Montéran protestent aussi contre la perte de plusieurs centaines d’euros sur leurs salaires depuis ce transfert. Après plus de deux semaines de grève, un accord de fin de conflit a été signé le 21 février. Il prévoit que la direction de l’Agence régionale de santé (ARS) rencontre régulièrement le personnel et ses représentants pour régler les questions de l’embauche de nouveaux agents et le maintien des salaires. Les travailleurs ont prouvé que seule la grève et la mobilisation ont pu faire reculer une direction qui les méprisait et les ignorait depuis plusieurs mois.


Guadeloupe : 14 février : mobilisation de soutien au travailleur Éliézer

 Jeudi 14 février une quarantaine de manifestants sont venus soutenir un militant de la CGTG au tribunal de Basse-Terre, le camarade Éliézer. Le 26 janvier le camarade a été interpellé violemment par la gendarmerie, sans aucune raison, alors qu’il travaillait. Il devrait être à nouveau convoqué au tribunal. Refusons la répression et les violences faites aux travailleurs ! Soutenons le camarade !


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