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CO de 2019-2018/CO n° 1215 du 02 mars 2019/Deuxième page

Deuxième page

Carrefour Milénis-Promocash : après 80 jours de grève, une rentrée la tête haute

Les grévistes de Carrefour Milénis–Promocash sont rentrés au travail le mardi 12 février, fiers et la tête haute ! Tous et toutes unis dans la lutte comme dans la reprise.  

À Milénis, le directeur Larue a voulu jouer les vengeurs. Avant même la prise de poste des salariés, il a voulu réaménager leur emploi du temps. Un exemple : alors qu’aucune caissière ne faisait de longues journées le samedi, il a décidé un horaire de 9h à 21h avec une pause de 2 heures non payée. Les employées ont alors protesté vigoureusement et Larue a reculé. De toute façon, les employées sont déterminées à refuser ces sanctions déguisées. Pendant cette vive discussion, Larue s’est mis à pousser des cris de singe comme ceux des racistes dans les stades où des joueurs noirs évoluent. Une camarade extérieure à l’entreprise l’a traité de raciste. Larue a répondu qu’il a l’habitude d’être traité de raciste. En gros, cela ne le gêne pas !

Depuis, des négociations sont menées sur l’accord Bino et le paiement des heures de pause. Un point marquant de la grève a été la caisse de grève. Une tradition du mouvement ouvrier, remise à jour ! Celle des travailleurs en lutte de Carrefour Milénis-Promocash a pu compter plus de 60 000 euros. C’est à la fois peu et beaucoup. Peu, parce qu’elle ne suffisait pas à aider vraiment tous les grévistes. Mais beaucoup car elle a permis de fournir des bons d’essence, d’accorder des aides d’urgence de 250 €, d’acheter ce qui était nécessaire à la vie sur le piquet de grève et d’autres menus services. Elle a montré aussi le soutien de bien des travailleurs et de la population qui versaient ce qu’ils pouvaient. C’est une preuve que les travailleurs savent s’organiser eux-mêmes ; gérer eux-mêmes leurs propres luttes et activer la solidarité. Avec près de trois mois sans paie, les jours de grève n’ont pas été payés. Il faudrait au moins 200 000 euros pour 150 grévistes, afin de verser à chacun presque l’équivalent d’un mois de salaire. Une telle somme peut être obtenue de certains maires, des assemblées locales et du soutien populaire. Des élus se sont permis d’accumuler 75 millions d’euros de dette à la communauté d’agglo du Grand Sud Caraïbes et de se servir au passage. Alors, les travailleurs peuvent bien réclamer 200 000 euros ! Eric Jalton a promis une aide de 20 000 euros ! Fey paret ! Dès la fin de la grève, Chalus a déclaré qu’il avait beaucoup fait pour le règlement du conflit. Mais c’est le préfet qui a été médiateur. Et ce sont les grévistes qui ont conduit leur grève comme ils le voulaient jusqu’à l’accord. Pas Chalus. Alors en accordant une aide d’urgence aux grévistes de Carrefour Milénis-Promocash, Chalus peut se rattraper. Borel-Lincertin, présidente du conseil départemental, pourrait aussi le faire. Les assemblées locales aident bien toutes sortes d’associations à raison, et bien des patrons à tort. Pourquoi pas les grévistes ? Et c’est urgent. De telles aides ne remplacent pas le fait de prendre plus sur les profits de Carrefour ! Ainsi les Despointes avaient fait miroiter une prime d’intéressement de 2 000 € pour 2018. Pour une fois que cette prime annuelle n’était pas nulle, on n’en parle plus ! Le rapport de force des travailleurs par rapport aux patrons de Milénis-Promocash n’a pas permis d’obtenir le paiement des jours de grève. Il ne faut pas abandonner l’idée. L’argent privé est pris sur des profits que le patron accumule sur le travail des salariés. Il vaut mieux prendre l’argent privé que l’argent public. Cela dit, l’argent public retourne en partie dans la poche des capitalistes sous formes multiples. Il y a plus de 1 200 dispositions légales d’aides aux entreprises. Donc réclamer une partie de l’argent public pour les grévistes, quoi de plus normal !


 Guadeloupe : Les grévistes du Syvade ont obtenu satisfaction

Les salariés du syndicat de valorisation des déchets (Syvade) sont entrés en grève le 14 février. Ils exigeaient le respect d’un accord signé au mois de novembre 2018 sur la reconstitution de la carrière des agents, sur un plan de formation et sur les primes. Ils ont obtenu satisfaction sur ces points et un accord de suspension de conflit a été signé lundi 11 février. Les salariés craignaient aussi de perdre leur emploi à cause du départ du Syvade de la communauté d’agglomération du nord Grande-Terre. De nouvelles réunions sont prévues pour discuter d’autres points des revendications. Les travailleurs pourraient de nouveau se mobiliser et faire une grève plus dure si la direction s’entête à ne pas respecter les accords. Mais pour l'heure, ils l'ont fait reculer.


Guadeloupe : Jacques Bino, pas oublié !

Il y a dix ans, ce militant syndical et culturel a été assassiné lors de la grève générale, dans des circonstances qui ne sont toujours pas élucidées. Son nom reste associé à l’accord pour la hausse des salaires que nous avons gagné en 2009, les 200 €. Des manifestations ont été organisées le 17 et le 18 février, par des militants et par ses camarades de travail des impôts, pour lui rendre hommage.


Martinique : Chlordécone et chlor'détox

Le journal France Antilles du mercredi 20 février titrait en gros : comment se faire « déchlordéconer ». Deux pages entières étaient consacrées à ce sujet d’empoisonnement qui préoccupe au quotidien la population de la Martinique et de la Guadeloupe et notamment les ouvriers agricoles contaminés par ce poison.  

Ainsi, un nouveau collectif nommé Chlor’détox a vu le jour. Il s‘inscrit dans l’action de l’association Zéro chlordécone-zéro poison. Il a pour but de : « déclencher une grande campagne citoyenne de détection grâce au test sanguin. Et accompagner la décontamination à travers des pratiques quotidiennes ». On peut lire plus loin : « Le coût négocié avec les laboratoires Bio Lab et Bio santé pour le dépistage sanguin qui permet de connaître sa contamination en chlodécone est de :70 euros + 10 euros de frais). » Soit 80 euros. Bonne aubaine pour les laboratoires privés? Et comme le dit la Dr Josiane Jos Pelage interviewée dans ce même journal : « Un test d’accord mais pour quel usage ensuite ? ». C’est là un des nœuds du problème. En tout cas, jusqu’à présent, ceux qui ont répandu des produits toxiques sur les ¾ des sols cultivables continuent de dormir sur leurs deux oreilles. Ce sont les capitalistes de la banane. Et il ne faut surtout pas compter sur les élus locaux ni sur les représentants de l’État français à leur service pour mettre ces gens-là devant la justice. Ni non plus obliger ces capitalistes à indemniser les ouvriers agricoles et à reconnaître que c’est une maladie professionnelle. La seule force capable de le faire si elle s'exprime sera celle des ouvriers agricoles et de la population.


Martinique : La Martinique touchée par le scandale de l'eau

Ces dernières semaines, en Martinique, des milliers de foyers ont été privés d’eau à cause des casses et des pannes sur le réseau d’eau potable. Les autorités ont publié un communiqué pour exhorter la population à ne pas gaspiller l’eau, à éviter de laver sa voiture ou de remplir sa piscine car la période de « sécheresse » va commencer.  

Il y a quelques années, en Guadeloupe, c’est ce même prétexte que les autorités avaient utilisé. Les autorités ont menti pour protéger la Générale des eaux, filiale de la multinationale Véolia, qui a eu la gestion du réseau en Guadeloupe jusqu’en 2017, date à laquelle elle a quitté l’île. Elle a empoché des millions d’euros de bénéfices et s’est fait arroser de subventions publiques sans jamais réparer le réseau. Quand elle a été pointée du doigt par la population, elle a fustigé les personnes qui ne payent pas leurs factures. Quand les autorités de Martinique parlent d’économiser l’eau, elles s’apprêtent en réalité à mettre sur le dos de la population la pénurie à venir. C’est la Société martiniquaise des eaux (SME), une filiale de la multinationale Suez, qui gère le réseau d’eau potable de l’île. Visiblement, comme leurs homologues de Guadeloupe, ces responsables ont choisi de servir des prétextes à la population plutôt que de s’atteler à réparer le réseau en urgence. À ce stade, seule une mobilisation massive de la population pourra forcer les responsables à fournir à tous de l’eau propre à la consommation, sans interruption et à un prix raisonnable.


Guadeloupe Basse-Terre : CAGSG « Communauté d’agglomérats du grand sud gangster !  »

Depuis que Michaux-Chevry a démissionné et quitté la vie politique, tout le monde fait semblant de s’étonner du côté « république bananière » de la Communauté d’agglomération du Grand Sud Caraïbe.  
Michaux-Chevry et ses amis – dont certains proches de sa famille – y ont laissé une ardoise de 75 millions d’euros et sont soupçonnés depuis des mois de détournements massifs et de favoritisme. Mais qui, sincèrement, peut s’en étonner ? Prenez la distribution de l’eau, par exemple. La négligence coupable – voire complice – des élus de toute la Guadeloupe et le vol qualifié de la Générale des eaux font qu’elle est dans un état catastrophique, parce que les tuyaux sont pourris et que les stations de production sont vétustes et insuffisantes. La CAGSC (communauté d'agglomération Grand Sud Caraïbe) est désormais en charge de cette distribution. Mais alors… Quel responsable – qu’il soit élu ou désigné – honnête, compétent et consciencieux pourrait accepter en se taisant un tel travail ? Un travail qui consiste à amuser la galerie, parce qu’en toute bonne foi, il ne peut pas assurer qu’il y ait de l’eau au robinet, ni qu’elle soit potable quand il y en a. Qui donc peut accepter de tels postes si ce n’est des clowns incompétents, des cyniques, ou des semi-gangsters (voire n’importe quelle combinaison des trois) ? Même chose dans le domaine des transports à peine moins indigent. Et que l'État ne vienne pas jouer les chevaliers blancs. C'est le fonctionnement normal de son système : le système Chevry, le système Chirac, le système Sarkozy! Quant au Préfet qui se dit aujourd’hui éberlué, il nous fait bien rire aussi. Il aurait convoqué Chevry plusieurs fois en vain. Mais si elle l’a fait, c’est qu’elle savait qu’elle pouvait se le permettre ! Comme on dit : pani volè si pani rousoulè !