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CO de 2019-2018/CO n° 1216 du 16 mars 2019/Deuxième page

Deuxième page

Martinique: 8 mars : manifestation de la CGTM

À l’occasion de la journée du 8 mars, journée de lutte des femmes contre l’exploitation, une centaine de femmes et d’hommes ont manifesté dans les rues de Fort-de-France à l’appel de la CGTM.  

Travailleurs de l’agriculture, de la métallurgie, du commerce ou de la santé, ils étaient accompagnés du son des tambours par le groupe de théâtre de rue de la CGTM dirigé par l’artiste José Alpha. Les mots d’ordre de la manifestation s’étalaient sur deux banderoles placées en tête du cortège : « Les travailleurs doivent radicalement transformer le système économique. Non à la violence sexiste ».

Suivaient de grands posters portés par des travailleurs et présentant les photos de femmes ayant marqué la lutte contre l’exploitation capitaliste et pour l’émancipation des femmes. Photos des dirigeantes socialistes allemandes du début du 20éme siècle, comme Clara Zetkin ou Rosa Luxemburg, d’anciennes militantes syndicalistes et socialistes américaines. Photo de Lumina Sophie, une des dirigeantes de l’insurrection du Sud de septembre 1870 en Martinique, et celles d’autres militantes féministes ayant joué un rôle dans l’histoire, mais également de militantes syndicalistes et communistes de la période actuelle.

Le cortège a observé plusieurs arrêts durant lesquels le groupe culturel a organisé des prises de parole pour retracer la vie de ces militantes socialistes, syndicalistes, féministes. La population et aussi les touristes présents, ont suivi ces récits avec attention et intérêt. Tout au long de la manifestation, des slogans étaient repris en chœur par les manifestants, par exemple : « Egalité fanm épi nonm ». Ou encore : « La lutte, an nou goumin : contre l’exploitation capitaliste, contre les bas salaires, contre le chômage, contre la précarité ».

Une matinée qui a montré qu’il existe dans la classe ouvrière des travailleuses et des travailleurs pour qui la lutte pour les droits des femmes et celle contre l’exploitation capitaliste sont associées.


Guadeloupe: Le 8 mars, avec les femmes en lutte !

Vendredi 8 mars, la CGTG a organisé une soirée à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Plus de 130 personnes se sont réunies à l’école Guy Cornély du Raizet. Afin de célébrer dignement cette journée de lutte internationale, quatre travailleuses de la CGTG ont témoigné et débattu avec les participants au sujet d’une lutte qu’elles ont vécue.  

Les deux premières travailleuses sont de Milénis et de Promocash. Elles ont mené la grève du 22 novembre 2018 au 10 février 2019 où la plupart des grévistes étaient des femmes. Elles ont raconté comment elles ont tenu tête au béké Despointes pendant 80 jours de grève.

Le troisième témoignage a été celui d’une travailleuse, en grève en 2009, qui nous a raconté comment elle et ses collègues femmes en contrat aidé se sont battues pour garder leur emploi. Puis, une camarade du CHU à la retraite nous a raconté comment les travailleurs du CHU ont lutté contre la précarité des emplois lors de leur grève en novembre et décembre 2016. Enfin, le harcèlement sexuel et moral subi par Ingrid Sénat, journaliste de RCI d’où elle a été licenciée, a été dénoncé, révoltant l’assistance.

Une prestation de la slameuse Carole et un pot de l’amitié ont suivi. La soirée a rappelé que les travailleuses subissent une double oppression : celle de classe en tant qu’ouvrières et une oppression sexiste en tant que femmes. Depuis le début du système capitaliste, les femmes se sont battues pour avoir des droits tels que le droit de vote, l’avortement, l’égalité des salaires. La classe ouvrière est la seule classe capable d’abolir le système capitaliste. Le renversement de ce système entraînera l’émancipation des femmes, ainsi que de tous les autres opprimés du monde.


Guadeloupe: Licenciement d’une journaliste à RCI : un exemple de ce qu’il faut combattre

Lors de la commémoration du 8 mars à la CGTG, les graves difficultés rencontrées par la journaliste Ingrid Sénat à RCI radio ont été évoquées. Cette jeune femme a subi le harcèlement sexuel d’un responsable puis le harcèlement moral de la part de deux directeurs, furieux qu’elle ait osé porter plainte. À RCI où travaille une majorité d’hommes, ça a été la loi du silence sur les atteintes à la dignité d’une collègue et sur les comportements sexistes. En novembre 2018 le harcèlement sexuel et moral a été enfin reconnu au tribunal. La journaliste a été indemnisée et la vérité est apparue au grand jour.

Comme 95% des femmes ayant dénoncé le harcèlement au travail en France, Ingrid Sénat a été licenciée, en décembre, sans procès. La direction s’est vengée en l’accusant de créer une « mauvaise ambiance ». Ailleurs en Guadeloupe, des femmes harcelées, sans le soutien de leurs collègues, femmes comme hommes, ont choisi de quitter leur emploi. Il est temps que cessent ces souffrances et ces injustices.


uadeloupe: Banane Dambas, esclavagiste noir gros « plainteur » de banane !

Le 28 février, notre camarade Jean-Marie Nomertin était convoqué au tribunal suite à une nouvelle plainte du planteur Dambas. Cette fois, ce dernier prétend être victime d’une diffamation parce qu’il aurait été traité de « voleur et d’esclavagiste noir » sur Guadeloupe 1ère télévision.  

Dambas qui n’a pas peur du ridicule a aussi porté plainte contre Delphine Ernotte, la directrice du groupe France Télévisions auquel appartient Guadeloupe 1ère. Pourtant Dambas porte bien son surnom. Ce gros planteur noir maintient les pires conditions de travail sur ses plantations tout en volant des journées de travail aux ouvriers arguant des « objectifs non réalisés ». Il vole aussi des jours fériés comme le jour de commémoration de la lutte pour l’abolition de l’esclavage, le 27 mai ! Normal direz-vous pour un esclavagiste fût-il noir ! Notre camarade Jean-Marie Nomertin avait déjà été convoqué le 6 avril 2018, suite à une première plainte de Dambas pour diffamation. À l’époque ce dernier s’était plaint d’être accusé à tort de la mort d’un ouvrier gravement malade qu’il obligeait à porter des charges lourdes. Avec ses plaintes, Dambas montre qu’il n’a toujours pas digéré la grève de 40 de ses ouvriers entre mai et septembre 2017.

Ces derniers formaient le noyau dur de la grève générale des plantations de mai-juin 2017. Il a été humilié, lui qui se vantait en avril 2017 de pouvoir offrir une caisse de champagne à chaque travailleur qui se mettrait en grève sur sa plantation. Peut-être que Dambas aurait préféré être surnommé « esclavagiste » tout court, ou « esclavagiste blanc », mais il n’est resté qu’un petit esclavagiste noir ! .


Guadeloupe: Grève au SIAEAG : une victoire pour les salariés !

Du 14 au 28 février, les salariés du Syndicat intercommunal d'alimentation en eau et d'assainissement de la Guadeloupe (SIAEAG) étaient en grève. Depuis leur transfert de la Générale des Eaux vers le SIAEAG en 2015, les travailleurs avaient vu leur salaire amputé. Plusieurs fois, ils se sont mobilisés pour obtenir des réajustements. Mais la direction signait des accords sans les respecter. Aujourd’hui, après deux semaines de grève, ils ont obtenu que les 173 € d’augmentation mensuelle soient appliqués.


Martinique: Clinique Sainte-Marie : des salariés méfiants !

Le 12 mars prochain, les 171 salariés du centre de Santé CSM (ex clinique Sainte-Marie) doivent connaitre la décision du tribunal de commerce concernant l’avenir de leur activité. Et cela après plusieurs mois de mise en redressement judiciaire de leur établissement.  

D’un côté, un plan de continuation de l’activité a été présenté par le groupe Kapa Santé, propriétaire de la clinique depuis 2006. Ce plan prévoirait, entre autres, la fermeture définitive de la maternité et le licenciement d’une trentaine de salariés. Le groupe Mansour, propriétaire de la clinique Saint Paul a également déposé une offre ainsi que le groupe Doctegestio. Ce dernier a pour partenaire l’ATIR (Association du traitement de l’insuffisance rénale). Ils envisagent tous une restriction du personnel.

Les salariés de la clinique Sainte-Marie se sont mobilisés à de nombreuses reprises. Ils dénoncent le fait que le groupe Kapa, propriétaire de neuf établissements en France et Outremer, ne fasse pas fonctionner correctement cet établissement. Le manque de matériels et la dégradation continue des conditions de travail arrivent en tête des reproches. Aujourd’hui, « après 13 ans d’immobilisme », disent les salariés, ils n’ont aucune confiance dans le plan de continuation présenté par Henri Nagapin, l’actuel directeur, avec une trentaine de salariés en moins.

Après avoir été échaudés depuis des années par des projets jamais réalisés, les travailleurs de la clinique Sainte-Marie ont bien raison d’être méfiants et aussi de se préparer avec l’aide de leur syndicat CDMT à ne pas être les victimes des nouveaux projets en cours.  


Martinique: Attaques contre les congés bonifiés  

Pour pouvoir refuser à une fonctionnaire martiniquaise le droit de bénéficier de ses congés bonifiés, l’administration lui a réclamé une série de pièces justificatives. Elle a déclaré que le centre des intérêts matériels et moraux de la fonctionnaire (CIMM) n’était plus en Martinique, vu qu’elle est établie depuis longtemps en France. Elle y a construit sa vie et elle ne va pas aussi souvent que cela en Martinique.   Puis, refus du ministère, refus du tribunal administratif, refus de la Cour d’appel administrative.

L’État et ses tribunaux veulent faire des économies sur le dos de leurs salariés. Voilà des années que tous les agents originaires de Martinique, de Guadeloupe, Réunion, etc. font l’objet de tracasseries s’agissant de leurs droits aux congés bonifiés. Si cette modification devait passer, ce sont des dizaines de milliers d’originaires qui se trouveraient pénalisés.

Ces mesures correspondent bien aux exigences du patronat de pouvoir capter toujours plus d’argent public repris dans les poches des salariés. C’est ainsi que Jean-Pierre Philibert, président de la Fédération des entreprises d’Outre-mer (FEDOM) jugeait récemment la politique de l’État en Outre-mer : « Fiscalité, plutôt bien ; Zone franche, très bien ; Exonérations, peut mieux faire ». C’est encore ce même Philibert qui réclame que la prime de vie chère soit retirée aux fonctionnaires pour être versée directement aux entreprises pour soi-disant soutenir la création d’emplois.

Cette décision de la Cour d’appel n’est donc pas anodine. C’est une attaque contre une catégorie de travailleurs, celle des agents de l’État, et singulièrement celle venant de ses dernières colonies. Et ce ne sera certainement pas la dernière.