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CO de 2019-2018/CO n° 1218 du 13 avril 2019/Première page

Première page

Éditorial: Travailleurs et classes populaires victimes du grand capital !
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Le 8 avril, le gouvernement a tenté de régurgiter les conclusions du « grand débat national » qu’il avait sans doute avalé de travers pendant les manifestations des Gilets jaunes. Tout ce cinéma, depuis le début, n'est qu'un écran de fumée pour tenter de masquer la politique que mène ce gouvernement Macron, au service des riches contre les classes populaires.  

Les exemples ne manquent pas. Macron a toujours pour objectif de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires d’ici 2022. De nombreux services publics ont déjà été privatisés ou rayés de la carte. Dans beaucoup de petites communes, des bureaux de poste ont disparu de même que des écoles et des services de santé. Aux Centres hospitaliers universitaires de Martinique (CHUM) et de Guadeloupe (CHU PPA) il manque de tout. Il y a une pénurie de matériels et de médicaments au point que parfois les familles des patients doivent se débrouiller pour acheter elles-mêmes des médicaments et amener les repas de leur proche hospitalisé. Au CHU de la Guadeloupe, la vétusté des locaux, dénoncée par le personnel depuis des années, a abouti à un incendie en novembre 2017. Depuis, la surmortalité en milieu hospitalier a augmenté. L’éducation n’est pas épargnée. En quelques années, des centaines de postes d’enseignants ont été supprimés et des classes été ont fermées. L’état des bâtiments scolaires est tellement alarmant – rats, inondations, risques d’électrocution - que les parents et le personnel de plusieurs écoles de Guadeloupe et de Martinique se sont mobilisés ces dernières semaines pour qu’elles soient fermées afin d’éviter tout drame.

En Guadeloupe, le réseau d’eau potable est tellement vétuste que plus de 60 % de l’eau produite n’arrive pas aux robinets. C’est avec la complicité de l’État que la Générale des Eaux, une filiale de la multinationale Véolia, a empoché l’argent des factures et des subventions publiques sans jamais rénover le réseau.

Les transports collectifs sont complètement désorganisés, voire inexistants dans plusieurs secteurs. En Martinique, des employés de la SOTRAVOM (qui assure le transport dans le centre de l’île) sont en droit de retrait depuis le 27 novembre 2018 contre l’état de délabrement des bus et le licenciement de plusieurs chauffeurs. .

Pour justifier les restrictions appliquées aux services publics, l’État utilise le pacte de stabilité et de croissance dans lequel chaque pays de la zone euro s’est engagé à limiter son déficit public annuel à 3% du produit intérieur brut (PIB).

L’obligation de respecter ce pacte et faire des économies, tout cela n’est qu’un prétexte pour faire payer la crise aux travailleurs. et aux classes populaires. Les serviteurs politiques de la bourgeoisie font les poches des travailleurs pour reverser l'argent au grand patronat à coups de subventions publiques et d’exonérations de charges et d’impôts. Macron persiste dans la suppression de l’impôt sur la fortune. Il fait ainsi un cadeau de 4,23 milliards d'euros aux riches.

L'agonie des services publics en France et en Outremer sont des signes bien visibles de la crise qui s'accentue. Elle pèse surtout sur les catégories les plus pauvres de la société. Et c'est le cas partout. La bourgeoisie applique partout la même politique d’austérité contre les classes populaires. La révolte des Gilets jaunes en France, comme celles des travailleurs et des classes populaires dans les départements d'outre-mer en 2009 sont des exemples de réactions ouvrières et populaires face à la crise. Il y en aura d'autres, plus massives, plus fortes. Le camp politique révolutionnaire et communiste des travailleurs y trouvera forcément de quoi creuser son sillon.  

Tableau d'images


Guadeloupe : Leader Price Grand-Camp première avancée pour les grévistes

Depuis le 22 mars, 14 salariés de Leader Price Grand-Camp aux Abymes sont en grève.  
Ils exigent une augmentation de salaire, la prime de transport et deux embauches en CDI (contrat à durée indéterminée) : une caissière et un manutentionnaire. Ils réclament également de meilleures conditions de travail. Les grévistes sont jeunes pour la plupart. Ils font grève pour la première fois. Le patron de Leader Price Grand-Camp est le béké Pascal Delacaze. Lundi 1er avril, les grévistes ont eu une première négociation avec lui. Pour l’augmentation de salaire, il a proposé une augmentation de 40 €. Les salariés ont refusé, ils veulent une augmentation de 70 €. Le patron a également proposé d’embaucher une caissière à 32 h. Sur le reste des revendications, Delacaze n’a pas voulu céder. L’embauche d’une caissière est une première avancée.

Lundi 8 avril, une deuxième négociation a eu lieu, sans résultats. Les grévistes ont donc décidé de continuer la grève.


Martinique : Conflit SOTRAVOM : tout ti krab dèwo !

Le jeudi 4 avril, les salariés du transport urbain, de la SOTRAVOM accompagnés d’une délégation de leur syndicat CSTM ont imposé d’être reçus par les élus. Cette entrevue eut lieu lors de l’assemblée plénière de la CTM (collectivité territoriale de Martinique). Après plus de quatre mois de conflit, ces travailleurs ont obtenu qu’une rencontre ait lieu entre Martinique Transport, annexe de la CTM et autorité organisatrice unique du transport, la CFTU (compagnie foyalaise de transport urbain), délégataire du transport en commun dans le Centre de la Martinique et le syndicat CSTM.  

Martinique Transport, sous la tutelle de son président Alfred Marie-Jeanne, a enfin daigné sortir de son silence. Depuis, la mise en place d’un service minimum serait envisagée sur les lignes où la Sotravom, entreprise cotraitante du groupement Mozaïk géré par la CFTU, se trouve défaillante. Les autres questions concernant le fonctionnement de la CFTU devraient elles aussi faire l’objet de règlements. Selon Louis Boutrin, vice-président de Martinique Transport, cela devrait permettre un déblocage de la situation du transport en commun dans le Centre. D’ici là, la CFTU aura encore à se prononcer sur les nouvelles dispositions. Pour le représentant syndical de la CSTM, les sept salariés licenciés pour motif économique par la Sotravom devraient être repris par l’entreprise à laquelle sera attribuée la délégation de service public pour un service minimum…

Les salariés eux, ceux de Sotravom ou ceux de la CFTU à l’arrêt depuis trois semaines suite à un droit de retrait de certains d’entre eux, n’ont pas fait entendre leur voix. De leur côté, le maire PPM de Fort-de-France, Didier Laguerre et le député EPMN (Ensemble pour une Martinique nouvelle), Serge Letchimy, se sont fendus d’un communiqué de dernière minute, dénonçant la « prise en otage politicienne des usagers du transport du centre de la Martinique ». Ils prétendent que tout cela est orchestré par le Gran sanblé pou ba péyi-a an chans, (alliance MIM et droite à la CTM). Comme quoi entre ces deux regroupements politiques la guéguerre n'en finit pas. Soutiens de la direction de la CFTU, Letchimy et Laguerre se préoccupent surtout d’assurer leurs arrières électoraux face à l’arrogance des élus de la majorité de la CTM et de Martinique Transports.

Dans ce long conflit, les patrons de la SOTRAVOM, ceux de la CFTU et les élus de Martinique Transport ont joué le pourrissement au détriment de la population et des salariés.


Martinique : Grèves dans les transports réunion d’information

Le mercredi 03 avril 2019, la CSTM (Centrale Syndicale des Travailleurs Martiniquais) avait invité les organisations syndicales à la Maison des syndicats pour leur apporter des informations concernant la mobilisation des chauffeurs de bus de la SOTRAVOM. Étaient présents aussi les salariés grévistes de la société Vedettes Tropicales, en grève depuis trois semaines pour l’amélioration de leurs conditions de travail.  

Plusieurs dizaines de militants et de sympathisants de différentes organisations syndicales et politiques ont répondu à cet appel pour entendre les informations détaillées du secrétaire général de la CSTM Bertrand Cambusy. Elles concernaient les conditions de travail et de sécurité des chauffeurs de bus, l’attitude méprisante d’Antoine Rulle, le PDG de l'entreprise SAS SOTRAVOM, mais aussi les revendications des salariés de la société Vedettes Tropicales. Il fustigeait également le mutisme des autorités politiques de la CTM.

Ensuite, plusieurs interventions d’organisations syndicales et politiques ont été faites. Il y eut une intervention remarquée de Marie-Hélène Marthe dite Surelly secrétaire adjointe de la CGTM et aussi celle de notre camarade Alex Duféal de Combat ouvrier, pour soutenir les travailleurs de la SOTRAVOM et ceux de Vedettes Tropicales en lutte contre l’exploitation patronale. Des usagers, tout en affirmant leur soutien aux salariés en lutte, ont manifesté leur mécontentement, notamment celui des personnes âgées, contre le fait qu’ils ne peuvent pas voyager convenablement ou pas du tout. Les travailleurs grévistes ont pour leur part apprécié cette solidarité. Elle les a encouragés à continuer le combat.


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