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CO de 2019-2018/CO n° 1218 du 13 avril 2019/Troisième page

Troisième page

Il y a 70 ans : La création de l’OTAN (un épisode des débuts de « l’unité européenne »)

Après la fin de la seconde guerre mondiale en 1945, les relations internationales ont été dominées par l’opposition entre deux blocs : d’un côté le bloc de l’Est mené par l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et de l’autre côté les pays de l’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord menés par les États-Unis. C’est cette période historique qui fut dénommée « Guerre froide » et qui dura jusqu’en 1990.  
L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) dite aussi Alliance atlantique fut créée le 4 avril 1949. Cette organisation militaro-politique visait à assurer la protection des pays d'Europe occidentale en cas d'attaque armée venant de l’Union soviétique. En tout cas, c’est ce que les puissances occidentales faisaient croire aux peuples. Avec l’OTAN, les pays de l’Europe occidentale, dont la France, l’Angleterre et une partie de l’Allemagne, se sont mis sous la protection militaire quasi-officielle des États-Unis, détenteurs de l’arme nucléaire. En contrepartie, ces pays acceptaient les États-Unis comme chef de file militaire, diplomatique et économique dans les questions internationales.

En 1966, alors que les relations avec l’Union soviétique connaissaient un léger dégel, l’État français, présidé par le général de Gaulle, quitta le commandement intégré de l'OTAN. Par ce geste, la France, puissance de seconde zone, jouait à montrer ses petits muscles face à la grande puissance américaine. Cependant, même si la France avait quitté le commandement de l’OTAN, elle continuait de soutenir politiquement l’organisation et participait à certaines manœuvres militaires.

La chute de l'Union soviétique en 1991 n’a pas marqué la fin de l’OTAN. Les gouvernements américains ont continué à utiliser cette organisation pour mener de nouvelles guerres et étendre leur influence à travers le monde (en Afghanistan, en Somalie…) où les troupes de l’OTAN - armée française comprise - ont fait des victimes même parmi les civils. En février 2010, l'aviation de l'OTAN a bombardé un convoi de trois minibus dans une vallée du centre de l'Afghanistan. Elle pensait tuer des insurgés mais elle a assassiné plus de 33 personnes, dont des femmes et des enfants.

La France a réintégré les instances décisionnelles de l'OTAN officiellement en mars 2009 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, l’OTAN est toujours un instrument militaire aux mains de l’impérialisme américain et de ses alliés occidentaux. L’existence d’une telle organisation est un des instruments représentant un danger permanent de guerres, y compris de troisième guerre mondiale.  


Gilets jaunes : 21ème samedi

Le samedi 6 avril avait lieu la 21ème journée de manifestations des Gilets jaunes. Ils continuent de se rassembler pour contester la politique de Macron, qui n’en fait que pour les plus riches.  

Au moins 22 000 personnes ont défilé dans des dizaines de villes à travers la France. À Paris il y avait deux manifestations. À Toulouse, Rouen, Bordeaux, Lille, Montpellier, le nombre de manifestants dépassait le millier. Également plusieurs centaines à Nantes, Nice, Dijon, Lyon, Besançon, Tours…

En Corrèze 300 personnes avec leur gilet jaune se sont rassemblées sur le barrage hydro-électrique de Bort-les-Orgues pour protester contre sa privatisation annoncée par Macron. À Saint-Nazaire 700 gilets jaunes ont organisé une assemblée générale, pendant trois jours, dans le but d’organiser le mouvement.

La répression de l’État quant à elle ne semble pas faiblir, à l’image de cet homme à Besançon matraqué à la tête. Les manifestants sont aussi menacés par les interdictions de manifester comme à Forbach. Les gardes à vue sont nombreuses.

Certes les manifestants étaient moins nombreux que les semaines passées, mais après cinq mois de mobilisation la détermination est là, et les initiatives également.


Gilets jaunes et mensonges d’État

Le procureur de Nice a menti effrontément devant la presse, pour couvrir les agissements de la police lors d’une manifestation des Gilets jaunes.   Lors de cette manifestation, très encadrée par la police, une manifestante âgée de 74 ans, Geneviève Legay, militante du groupe Attac, a été violemment bousculée par la police. Elle a perdu connaissance et a subi un traumatisme crânien, avec fracture. Macron s’est hypocritement enquis de sa santé et lui a conseillé de ne pas braver les interdictions « à son âge ».Elle manquerait de « sagesse » a t-il ajouté. Lorsqu’elle a repris connaissance, elle a déclaré que non seulement elle avait été bousculée, mais frappée d’un coup de matraque par un policier alors qu’elle exerçait simplement son droit de manifester. Elle a ajouté que « Macron n’est pas un exemple de sagesse, mais de mépris et de violence ». Avec raison ! Lors de cette agression policière, le procureur Jean-Michel Prêtre, celui qui donnait des leçons de morale sur les ondes en Guadeloupe, s’est distingué. Il a affirmé devant la presse qu’il avait examiné « pixel par pixel » les images de l’intervention policière, et qu’à aucun moment les policiers n’auraient touché Geneviève Legay. Or les vidéos montrent une charge de policiers qui enjambent son corps étendu au sol. Trois jours après, les policiers eux-mêmes ont reconnu l’avoir bousculée et provoqué sa chute. Prêtre a alors bafouillé qu’il « n’avait pas eu tous les éléments ». Dans le même registre, Mathurin, le préfet du Doubs, d’origine guadeloupéenne, a lui aussi couvert avec aplomb les agissements des policiers qui ont matraqué un Gilet jaune sans défense, couvert de sang après avoir été jeté au sol. Il a affirmé qu’il allait ramasser une grenade, ce que démentent formellement les images vidéo. Accéder à certains postes implique souvent d’abandonner honnêteté et dignité pour couvrir les mensonges de l’État.  


Guadeloupe : les récents méfaits des accusateurs de Wendy

Wendy Zébo est une étudiante de vingt ans qui se bat pour faire valoir ses droits contre les dirigeants de l’Université des Antilles, qui l’accusent injustement de fraude à l’examen.  

Les « grands professeurs » de la faculté n’ont jamais voulu reconnaître leurs erreurs. Ils ont calomnié Wendy, qui a subi par leur faute un véritable lynchage. Fin décembre, ils ont tenté de la faire taire définitivement en l’excluant pour cinq ans de l’enseignement supérieur. Mais Wendy continue de se battre pour obtenir justice. Et, au mois de mars, deux scandales sont venus confirmer que ceux qui l’ont condamnée sont des individus bien peu recommandables. Le 20 mars, le président de l’université Eustase Janky a laissé un de ses subordonnés, le vice-président du pôle Guadeloupe, renvoyer une mission parlementaire venue évaluer l’université. Le motif ? Une des députées de la mission est martiniquaise !

Mais la vraie raison est le différend qui oppose certains du pôle Guadeloupe à certains du pôle Martinique de l'université. Cette attitude de petit potentat local, surfant sur les préjugés chauvins les plus crasseux, n’a pas été dénoncée par Janky qui était donc d’accord avec son vice-président. Tous deux se sont fait recadrer par le ministère, qui leur a écrit que « ce n’est pas un comportement digne ».

Un autre des exécuteurs de Wendy, Philippe Joseph, a eu lui aussi récemment un comportement indigne. C’est le plus haut gradé parmi ceux qui ont orchestré la mascarade disciplinaire ayant abouti à l’exclusion de Wendy. Ce monsieur est tristement célèbre sur le pôle Martinique de l’université, notamment pour son rôle de nervi en chef contre les grévistes il y a un an. Philippe Joseph a été nommé par Janky vice-président à l’innovation, mais c’est plutôt son porte-flingue (ou son Benalla). Le 28 mars, Joseph a agressé brutalement plusieurs autres professeurs lors d’une réunion. Deux d’entre eux ont protesté auprès de Janky et lui ont demandé solennellement de traduire Joseph devant le conseil de discipline.

Violents, grossiers, sans principes, tels sont les « grands professeurs » qui ont calomnié et condamné Wendy.


Guyane : la grève des étudiants

Depuis cinq mois les étudiants guyanais étaient mobilisés contre les multiples arrestations d’étudiants et de lycéens haïtiens : 32 depuis janvier. Le 20 mars ils déclenchent la grève et bloquent l’université.   Jusqu’alors un accord tacite permettait aux originaires notamment d’Haïti et du Brésil, d’étudier en Guyane sans problème de papiers. Mais lorsque les jeunes sont retenus au commissariat et, parfois plusieurs semaines, au centre de rétention administrative (CRA), ils ne peuvent étudier. Un étudiant a été témoin de mauvais traitements au CRA.

L’intersyndicale des enseignants et le Réseau Éducation sans frontières ont soutenu la grève. Dans un courrier ils font remarquer qu’en Guyane où les réussites au bac sont parmi les plus faibles de France, la présence d’étudiants étrangers (23 % des effectifs) devrait être considérée comme une chance. Les grévistes votent chaque jour la continuation de la grève en assemblée générale. Ils luttent aussi contre la hausse exorbitante des frais d’inscription pour les étudiants non-européens décidée par le gouvernement. Deux élus s’engagent à intervenir pour cette revendication. Le président de l’université propose que 10 % des étudiants concernés soient exemptés de frais à la rentrée prochaine. Cette solution provisoire est rejetée. Les grévistes demandent aussi la libération de quatre étudiants et deux lycéens enfermés au CRA. Le 25 mars, comme chaque jour les étudiants grévistes sont en assemblée générale. Malgré l’opposition des non-grévistes invités, la poursuite du mouvement est votée massivement.

L’université a rouvert ses portes le 26 mars. Malgré la violence de ces attaques, les grévistes ont obtenu que l’université, comme de nombreuses autres en France, renonce aux hausses de frais d’inscription pour les non-européens. Ils ont prévu de continuer la lutte autrement pour la libre circulation de ces étudiants.  

Des nervis à la solde de qui ?  
Le 25 mars, deux vice-présidents de l’université, Linguet et Prévôt, ont décidé qu’il faut briser la grève par la violence. Ils font partie d’un milieu qui ne cache pas son hostilité à ceux qu’ils appellent des « étrangers ». Les grévistes les ont vus, armés de pinces monseigneur, et aidés par une « dizaine de militantes très excitées, inconnues de l’université » , puis, le 26 au matin, par « un autre groupe d’hommes en noir », les Grands frères, une scission des 500 frères (qui eux sont favorables à la grève). Le piquet de grève est brisé.


Venezuela : Russie, États-Unis, chacun joue sa partition

Depuis 2013, le Venezuela s’enfonce dans une crise sans précédent. La population en paye le prix, elle doit faire face aux pénuries de denrées et de médicaments, aux conséquences dramatiques des pannes d’électricité. Tous les jours des habitants fuient le pays, trois millions de personnes sont déjà parties.  

Le gouvernement de Nicolas Maduro ne parvient plus à nourrir la population ni à la soigner malgré les importantes réserves de pétrole, car les cours ont chuté. Des pays impérialistes comme les États-Unis voient dans cette crise une occasion de mettre la main sur les réserves pétrolières et par là-même se venger de la politique que Maduro a pu mener en faveur des pauvres. Ils ont poussé un député jusque-là peu connu, Juan Guaido, à se proclamer président afin de remplacer Maduro. La France, l’Allemagne et l’Angleterre qui soutiennent l’impérialisme américain apportent leur soutien à Guaido.

D’un autre côté la Russie, suivie de la Chine, a affiché son soutien à Maduro. Dernièrement des accords de coopération ont été signés entre la Russie et le Venezuela dans les domaines militaire, commercial et agricole. Samedi 6 avril deux avions de l’armée russe ont atterri à Caracas. La Russie a envoyé une centaine d’experts militaires pour protéger les centrales électriques qui auraient été sabotées. Le Venezuela est devenu le centre de rivalités entre grandes puissances. Chacune cherche à défendre ses intérêts, pendant que la situation des travailleurs et de la population pauvre se dégrade à grande vitesse.  


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