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CO de 2019-2018/CO n° 1218 du 13 avril 2019/Quatrième page

Quatrième page

Algérie : la population exige que le « système dégage »

Mardi 2 avril, le peuple algérien a fait démissionner le président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999.  

La colère de la population a explosé en février lorsque Bouteflika a annoncé qu’il se représenterait aux élections présidentielles pour un cinquième mandat en avril 2019.

Après plusieurs semaines de manifestations populaires, le 11 mars, Bouteflika a renoncé à sa candidature. Ce fut la première victoire de la population. Le 26 mars, Gaïd Salah, le chef de l’armée, a renoncé à soutenir le président. Les soutiens de Bouteflika l’ont laissé tomber un à un. Après la démission du président, la population reste mobilisée. Elle exige désormais le départ de trois hommes qui sont au pouvoir et qui font partie du système en place. Les mobilisations n’ont jamais faibli depuis le début du mouvement. La population manifeste tous les jours par milliers et tous les vendredis par millions. Dans plusieurs secteurs, des travailleurs font grève. Le 26 mars, des travailleurs du secteur public ont répondu à un appel à la grève générale lancé sur les réseaux sociaux. Les travailleuses de l’usine textile Bouira Draps ont rejoint la marche qui réunissait les travailleurs d’Algérie poste, Algérie télécom, du commerce, les employés de la culture, du secteur social, de Sonelgaz, des transports, du Trésor public et de la direction de l’Emploi.

À Bejaia, les forestiers et les travailleurs du secteur agricole ont manifesté ainsi que les travailleurs de l’Angem (Agence nationale de gestion du micro-crédit). Dans la banlieue d’Alger, ceux de la SNVI (Entreprise nationale des véhicules industriels) en ont fait autant et ont manifesté dans la zone industrielle de Rouïba. Plus de 12 % de la population est au chômage et le salaire minimum mensuel est de seulement 130 €. Les jeunes sont les plus touchés par le chômage et la précarité. Un jeune sur trois est au chômage. De telles conditions de vie justifient la colère de la population, qui ne cesse de s’amplifier depuis plus d’un mois. Les manifestations contre le système en place ont réussi à faire reculer le président. Mais mettre les dictateurs dehors ne suffira pas à changer le sort des classes populaires. Il faut s'attaquer aux gros et riches possédants. Pour ce faire, si des travailleurs algériens s'organisent dans un parti révolutionnaire autour d’une politique révolutionnaire de classe, ceux là ouvrent la bonne voie. Car il n’y a que le renversement du système capitaliste qui changera réellement le sort des travailleurs et des classes populaires.


Haïti : pour survivre, se battre est la seule voie

Le 26 mars les députés ont voté une résolution pour un salaire minimum journalier de 25 gourdes (8 euros) pour les ouvriers des entreprises d’assemblage et manufactures. Avant d’être publié, ce document doit être ratifié par les sénateurs puis par le président de la république. Les patrons et leurs soutiens politiques sont viscéralement opposés à cette démarche. Voici l’analyse de nos camarades de l’Organisation des Travailleurs Révolutionnaires (OTR) dans leur journal la Voix des Travailleurs.  

La réaction violente et épidermique des patrons de l’Association des industriels d’Haïti (ADIH) contre la résolution de la Chambre des députés appelant à un ajustement du salaire minimum à 750 gourdes, soit 9 dollars pour les travailleurs de la sous-traitance, rappelle à ces derniers et à tous ceux qui veulent un changement dans les conditions de vie des classes laborieuses qu’il faut se préparer à mener la guerre. L’année dernière et cette année encore, la classe ouvrière et les masses pauvres continuent, de mille façons, à dénoncer la dégradation accélérée de leurs conditions de vie. Elles dénoncent la cherté de la vie, l’insécurité, l’absence totale des services de base comme la santé, l’eau potable, l’électricité, l’éducation, le logement, etc. À part quelques politiciens de l’opposition qui essayent de s’appuyer sur ces revendications pour prendre le pouvoir, les travailleurs ne voient rien venir.

Sur la zone industrielle, sourds-muets, les patrons ne bronchent pas. Pire, ils enfoncent le couteau dans la plaie en lorgnant sur la fiche de paye des travailleurs, en prélevant frauduleusement des impôts auxquels les travailleurs ne sont pas assujettis. En même temps, ils ne font rien pour apporter un brin d’amélioration dans les conditions de travail. L’eau polluée mise à la disposition des travailleurs est toujours source de maladies, les toilettes ne sont nettoyées qu’exceptionnellement, le papier hygiénique n’est pas en quantité suffisante, il n’y a pas de réfectoire.

Le salaire minimum de 420 gourdes, soit 5 dollars, perd de sa valeur chaque jour avec l’inflation, la dépréciation de la gourde par rapport au dollar. En nette inadéquation par rapport au coût de la vie, ce salaire est loin de permettre aux travailleurs de reconstituer leur force de travail pour la vendre, même à moyen terme. La vie d’un travailleur est une longue agonie faite de privations de toutes sortes jusqu’à ce que mort s’ensuive. Plus préoccupés de leurs intérêts et de ceux des capitalistes, Jovenel Moïse et son gouvernement laissent faire. Peu leur importe que les ouvriers se fassent ratatiner, il suffit pour eux de garder le pouvoir. Toujours à l’affût pour mener leur sale guerre d’extermination, les capitalistes ne laissent aux travailleurs que le choix de se battre pour changer le cours de leurs conditions de travail et d’existence.  


Porto-Rico : les rodomontades du gouverneur

Le gouvernement fédéral américain a prévu d’envoyer 91 milliards de dollars de fonds d’urgence pour la reconstruction de Porto-Rico après le passage des deux ouragans Maria et Irma en 2017. Trump se vante d’avoir bien servi Porto-Rico en envoyant plus d’argent que l’île n’en a jamais eu. Il a tenu à préciser que c’est bien plus que le Texas qui aura 29 milliards et la Floride qui recevra 12 milliards. Il a aussi traité les élus de Porto-Rico de « corrompus et incompétents ». Et il a critiqué la maire de San Juan, la capitale de l’île, Carmen Yulin Cruz, en disant qu’« elle ne sait pas ce qu’elle fait ». Rien que ça ! Le gouverneur de l’île Ricardo Rosello a réagi en déclarant « si l’intimidateur s’approche de moi, je lui mets mon poing dans la figure ». Le président n’a pas tardé à lui répondre en affirmant que le gouverneur doit utiliser ces fonds « raisonnablement », et qu’« ils ne savent pas comment gérer l’argent ». Trump, tout comme ses prédécesseurs, mène une politique impérialiste, traitant les Portoricains comme des citoyens de seconde zone. Ce n’est pas nouveau dans ce qui est, de fait et depuis très longtemps, une colonie américaine. Les gouvernements successifs ont favorisé l’implantation de multinationales qui ont fait d’immenses profits grâce aux exonérations fiscales votées par le parlement américain. Une grande partie de ces profits réalisés sur le dos des travailleurs repartent vers les États-Unis. La priorité est de satisfaire les intérêts des capitalistes, en laissant la situation sociale et économique se dégrader. Quant aux propos du gouverneur de Porto-Rico, ce ne sont que des fanfaronnades. Rosello s’est toujours comporté en bon serviteur des intérêts des capitalistes américains en prenant des mesures contre la population pauvre et les travailleurs.  


Martinique Réunion publique de Combat Ouvrier

Vendredi 26 avril 2019 : à 18H30 à l'AMEP
183 route de Redoute à Fort-de-France Notre participation à l'élection européenne :

« Le camp des travailleurs contre le grand capital et la domination impérialiste ».


Martinique: Déjeuner de Soutien de Combat Ouvrier le Dimanche 5 mai 2019 de 12 h à 19 h

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Guadeloupe: Fête de Combat Ouvrier le 5 mai 2019 au Royal Riviera Gosier

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Prochaines manifestations de Combat Ouvrier en Guadeloupe

- Jeudi 11 avril : 10h Rémy Nainsouta Conférence de presse de Combat Ouvrier avec Jean-Marie Nomertin candidat aux élections européennes sur la liste  « Lutte ouvrière – Contre le grand capital, le camp des travailleurs »
- Vendredi 12 avril : Réunion publique de Combat Ouvrier à 18h30 à Rémy Nainsouta à Pointe-à-Pitre. Notre participation à l’élection européenne : «  Le camp des travailleurs contre le grand capital et la domination impérialiste »


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