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CO de 2019-2018/CO n° 1219 du 27 avril 2019/Première page

Première page

Éditorial: Premier mai Vive la lutte des travailleurs !

En Martinique comme en Guadeloupe, les travailleurs sont appelés à manifester le mercredi 1er mai, journée internationale de lutte des travailleurs.  

Des manifestations auront lieu partout dans le monde. Dans certains pays, comme en Haïti, les ouvriers font grève et bravent la répression pour manifester le Premier mai. En Martinique comme en Guadeloupe, et en France, les défilés du Premier mai seront l’occasion de protester contre les attaques qui s’accumulent contre les travailleurs.

Après avoir expurgé le code du travail pour donner tout pouvoir aux gros patrons, Macron s’en prend aux retraites et il prévoit de nous faire travailler davantage. En attaquant, il y a peu, les congés bonifiés, il se prépare à s'attaquer également aux 40% de vie chère. Les luttes récentes montrent que les travailleurs ont la capacité de riposter.

En Martinique, les travailleurs de la station-service VITO Aéroport ont fait grève du 31 mars au 4 avril pour réclamer la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (PEPA), la prime Macron. Le 20 mars, une grève a été déclenchée par les travailleurs de la banane sur les plantations du Nord au Sud de la Martinique. Les ouvriers de la banane réclamaient aux gros planteurs békés des augmentations de salaires et le versement de la « prime Macron ». Des employés de la SOTRAVOM (qui assure le transport dans le centre de l’île) sont en lutte depuis le 27 novembre 2018 pour les conditions de sécurité et contre le licenciement de huit chauffeurs de bus. Les grévistes tiennent bon, même face au laxisme complice des dirigeants de la Collectivité Territoriale de Martinique et à la pression de la population affectée par le manque de transport.

En Guadeloupe, les grévistes du Leader Price de Grand-Camp aux Abymes poursuivent leur combat entamé le 22 mars pour exiger une augmentation du salaire mensuel de 70 € et des embauches. Ils sont soutenus par les grévistes de Carrefour Milénis-Promocash qui ont remporté la victoire face aux riches patrons Despointes après 80 jours de grève. Ils ont fait reculer la tentative de ces patrons-voyous de diminuer de 1800 € le revenu annuel des travailleurs en supprimant des primes. Les salariés du SIAEAG (Syndicat Intercommunal d'Alimentation en Eau et d'Assainissement de la Guadeloupe) ont dû faire grève contre la baisse de leurs salaires. Ils se sont mobilisés en février et en avril et ils ont gagné. Ces luttes ont permis aux travailleurs de se faire respecter. Elles ont aussi montré la solidarité des autres salariés envers ceux qui se battent. La journée du Premier mai est l'expression, dans la rue, de cette unité de classe aux Antilles, comme dans le monde ! Elle permet à tous les travailleurs d’exprimer leurs propres revendications et de montrer leur force.  

Mercredi 1er mai pour manifester tous ensemble : - À Fort-de-France : 8h maison des syndicats - Aux Abymes : 8h30 devant le stade    

Tableau d'images


Martinique: Vedettes Tropicales succès pour les grévistes

Les salariés des Vedettes Tropicales ont repris le travail le mardi 16 avril. Un protocole de fin de conflit a été signé entre leur syndicat, la CSTM, l’employeur Charles Conconne et Martinique Transport, annexe de la CTM (Collectivité territoriale de la Martinique) et organisme déléguant en matière de transport public.  

Leurs revendications avaient fait l’objet d’un accord en août 2017. Mais cet accord n’était pas respecté par l’employeur. Elles portaient sur les conditions de sécurité sur les pontons à l’arrivée des bateaux, sur la mise en place d’une billetterie mais aussi sur l’entretien des vêtements ou la suppression du dispositif de subrogation permettant l’avance des frais de congés maladie par l’employeur. Sur ces points, des solutions ont été trouvées. Les grévistes ont également obtenu la revalorisation réglementaire de l’indemnité de nourriture passant de 6 € à 13,95 € sur 25 jours par mois. Et pour que cesse l’attribution systématique et discriminatoire des horaires les plus contraignants aux délégués syndicaux, un système de plannings tournants entre les matelots a été mis en place à titre expérimental.

Ceux des Vedettes Tropicales avaient démarré la grève le 19 mars, paralysant le transport par vedettes maritimes entre le Sud de l’île et aussi Case-Pilote, d’une part, et Fort-de-France. Aux côtés des salariés de la Sotravom, eux-mêmes en conflit depuis quatre mois avec un employeur retors, les grévistes se sont montrés déterminés. Il leur a fallu aller chercher Martinique Transport, qui se disait jusque-là incompétent. Ainsi Boutrin, son vice-président, décida de jouer les messieurs bons offices auprès de l’employeur têtu. Bien sûr, cet élu de la CTM n’a pas manqué d’enfiler sa veste d’homme de bon droit en exigeant d’abord la mise en place d’un service minimum dès le démarrage des négociations. Et pour terminer sa prestation, il rajoutait qu’il « appliquait le droit » ! D’un côté l’employeur défaillant serait frappé de pénalités à hauteur de 2 000 € par jour de service non effectué. Mais de l’autre, les jours de grève ne seraient pas payés ! Une façon de renvoyer dos à dos patron et salariés et de se laver les mains !

Cela n’a rien d’étonnant venant d’un élu qui n’a rien à voir avec la défense des intérêts des travailleurs, mais qui est en fait au service des patrons. Il n’empêche que pour les salariés des Vedettes Tropicales, la lutte a payé.


Martinique: Schœlcher derrière la colère des usagers

Les chauffeurs de bus de la SOTRAVOM sont en droit de retrait depuis le 27 novembre 2018. Ils protestent contre le manque de sécurité.  
Certains usagers ont manifesté leur mécontentement et ont créé un collectif d’usagers (personnes âgées, travailleurs, écoliers…) exigeant notamment un service minimum de transport. Tout ceci venant de l’intransigeance du patron de la SOTRAVOM, Antoine Rulle, face aux demandes des salariés. Face à cette situation, au début du mois d’avril, le maire de Schœlcher Luc Louison-Clémenté et son conseil municipal ont saisi le tribunal administratif pour qu’un service minimum soit assuré par le service des bus sur sa commune. « Cette situation n’a que trop duré » a répété ce maire, en pesant bien ses mots pour ne pas égratigner l’attitude scélérate du patron de la SOTRAVOM. Sur cette affaire, le quotidien France-Antilles du mercredi 17 avril rapportait que : « Le juge administratif a rendu sa décision. Il enjoint Martinique Transport de prendre immédiatement les mesures nécessaires au rétablissement provisoire du service de transport sur les lignes 104, 105,110, 111 et 112, à Schœlcher… tel que prévu dans la Délégation de Service Public ». Mais derrière cette agitation du maire se cache une certaine démagogie. Il a en ligne de mire les élections municipales de 2020 et veut assurer sa réélection à la mairie.

Ce sont pourtant bien les mêmes « autorités », tous bords confondus, qui ont laissé pourrir la situation volontairement pour des conflits politiciens. Les usagers auront peut-être moins à souffrir des conséquences de telles situations. Ils ont toutefois intérêt à rester méfiants vis-à-vis de ces hommes politiques qui cherchent à les utiliser pour leur carrière.


Guadeloupe: Carrefour Milénis - Promocash  la voix des récents grévistes !

Nous savions déjà qu'après 81 jours de grève, de novembre 2018 à février 2019, les travailleurs de Milénis et Promocash avaient repris le travail la tête haute. Le patron avait en effet cédé sur le maintien du pouvoir d’achat qu’il entendait diminuer grâce aux lois de Macron.  

Cela n’a pas l’heur de plaire au directeur toujours aussi désagréable. Les collègues l’entendent jurer. Le bruit court qu’il partira en novembre, tant mieux. Le patron a tenu à ouvrir l’hypermarché vendredi, samedi, dimanche et lundi de Pâques. Il espère ainsi rattraper les profits perdus pendant la grève. Mais il semble que même des clients ont été dégoûtés de son comportement pendant la grève.

Les non-grévistes ont reçu la prime « Macron » : 400 €. C’est vrai qu’ils n’avaient pas apprécié de n’avoir pas reçu les primes habituelles. Elles avaient été supprimées le 18 novembre 2018 par la direction, au nom des ordonnances Macron ou des soi-disant ordres de l’URSSAF. S’ils les touchent maintenant, c’est grâce à la grève. Mais la prime Macron, les grévistes y ont droit et ne se laisseront pas faire. À la caisse, il y a une nouvelle cheffe, au-dessus de l’ancienne qui est toujours cheffe. Elle veut imposer sa loi, par exemple elle a décrété que les hôtesses de caisse n’ont plus le droit de s’adresser à la DRH (directrice des ressources humaines). Cela ne plait pas et ne sera probablement pas respecté : « N’importe quoi ! » disent les salariées.

Les négociations sur l’accord Bino et le paiement des heures de pause continuent lentement entre les délégués des travailleurs et la direction. Plusieurs fois les ex-grévistes de Milénis et Promocash sont allés soutenir les grévistes de Leader Price à Grand-Camp. Pendant leur grève ils s’étaient promis désormais de porter soutien aux travailleurs en lutte contre l’exploitation.

La grève de Leader Price montre encore la dureté des patrons et la combativité des travailleurs. C’est un supermarché qui a beaucoup de clients. Le refus d’embaucher un second salarié et d’accorder 70 € d’augmentation choque mais n’étonne pas.


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