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CO de 2019-2018/CO n° 1219 du 27 avril 2019/Deuxième page

Deuxième page

Martinique: L'insécurité civile

L'hélicoptère de la sécurité civile Dragon 972 affecté en Martinique est immobilisé depuis le 3 avril 2019. En cause, une avarie intervenue alors qu’il effectuait une opération de sauvetage. Ses pales ont heurté et sectionné un câble électrique à haute-tension.  

Face à cette situation, et dans un premier temps, l’État a donc décidé de retirer à la Guyane l’hélicoptère Dragon 973 pour l’affecter en Martinique jusqu’au retour de Dragon 972 après réparation et révision complètes. Plus simplement, il a décidé de « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Cette décision a entrainé une vague de protestation, pour exiger que ce moyen ne soit pas enlevé à la Guyane. Le ministre de l’Intérieur a donc reculé. La dernière décision est de partager l'utilisation de l’hélicoptère affecté à la Guadeloupe, Dragon 971, entre les interventions sur l'archipel de Guadeloupe et la Martinique. Encore une solution a minima et qui ne prend pas en compte le nombre important d'interventions d'urgence sur chacune des deux îles.

L’État français se targue d’être la 4ème puissance militaire mondiale. Il fournit du matériel militaire sophistiqué, dont des hélicoptères, à des gouvernements étrangers pour aller semer la mort. Quand il s’agit de voler au secours des capitalistes français en Afrique notamment, il peut, soit prépositionner sur place des matériels volants performants nécessaires, soit les acheminer sans délai. Et il serait dans l’impossibilité de remplacer de manière temporaire un matériel destiné à sauver des vies ?

Cette situation montre le peu de cas dont fait preuve le gouvernement à l’endroit des populations et singulièrement de celle de la Guyane.  


Guadeloupe: Banane Tino Dambas pris à son propre piège 

Le 12 avril, une quarantaine de personnes dont trente ouvriers de la banane sont venus soutenir notre camarade Jean-Marie Nomertin, convoqué au tribunal de Basse-Terre suite à une plainte du gros planteur Tino Dambas.  

Dambas n’avait pas supporté que Jean-Marie Nomertin dévoile qu’il est responsable de la mort d’un ouvrier de 62 ans, qui était malade d’un cancer et que ce soi-disant « patron de choc » a exploité jusqu’à la mort. L’exploiteur a porté plainte pour diffamation contre notre camarade et lui réclame 20 000 euros de « dédommagement ».

Comme à son habitude, Dambas ne s’est pas présenté au tribunal le 12 avril. Et il a aussi tenté d’empêcher ses ouvriers de témoigner contre lui, en refusant d’autoriser leur absence malgré leur convocation. Ces intimidations ont au contraire encouragé les travailleurs à faire son procès. Huit ouvriers ont témoigné pour expliquer à quel point Tino Dambas est vraiment un « esclavagiste noir » et comment il a obligé le camarade de 62 ans, pourtant gravement malade, à porter des régimes de banane. Suite à ces témoignages, le procureur a lui-même exposé un réquisitoire à décharge en direction de Jean-Marie Nomertin et des travailleurs. La décision sera rendue le 24 mai.


Guadeloupe: Tino Dambas quémande des travailleurs à Pôle emploi

Depuis le mois dernier, Pôle emploi propose à plusieurs camarades licenciés de retourner travailler chez Dambas, qui réclame du personnel. Pour se venger de la grève de 2017, Dambas avait décidé de licencier tous les grévistes. Il en a déjà licencié une vingtaine. Mais maintenant il est coincé : il a besoin d’ouvriers pour faire le travail !


Guadeloupe: Leader Price Grand-Camp les grévistes toujours déterminés !

Depuis un mois, 14 salariés de Leader Price Grand-Camp sont en grève. Ils réclament une augmentation de salaire de 70 €, deux embauches en CDI et une meilleure prime de transport. Ils demandent également de meilleures conditions de travail.

La grève a commencé le 22 mars. Le 1er avril, les grévistes ont eu une première négociation avec leur patron, le béké Pascal Delacaze. Le patron a proposé une augmentation de seulement 40 € et 20 € pour la prime de transport. Les grévistes ont refusé car les augmentations ne correspondaient pas à celles exigées. Delacaze a également proposé l’embauche d’une caissière à 32 h. Mais quelques jours plus tard, les grévistes ont appris que la caissière est en fait la nièce du patron et qu’elle prévoit de partir à la fin du mois d’avril ! Le 8 avril, une autre rencontre avec la direction n’a rien donné. Le 15 avril, les grévistes ont eu une nouvelle négociation avec Delacaze. Alors que les grévistes demandent deux embauches, il a proposé de fermer la boulangerie du supermarché plutôt que d’embaucher.

Fermer la boulangerie reviendrait à supprimer un poste. Les grévistes ont refusé. Ils continuent leur grève.


Élections européennes: Samedi 25 mai, votez pour notre liste « Contre le grand capital, le camp des travailleurs ! »

Nos camarades Ghislaine Joachim-Arnaud (Martinique) et Jean-Marie Nomertin (Guadeloupe) se présentent aux élections européennes sur la liste de Lutte ouvrière, conduite par Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier.  

Les gouvernements européens nous font croire que les classes populaires profitent des subventions de l’Union européenne. Mais en réalité, ceux qui en bénéficient sont les riches capitalistes européens et d'Outremer. Le parlement européen qui se réunit à Strasbourg et Bruxelles fait des cadeaux au grand capital, en lui donnant des millions d’euros de subventions. Cet argent provient du travail et de la poche des travailleurs et des classes populaires d’Europe, prélevé à coup d’impôts tels que la TVA. Aux Antilles, les riches possédants profitent de la « manne européenne », à l’image des gros planteurs de banane qui se gavent de subventions se chiffrant en dizaines de millions d’euros. En Guadeloupe, la multinationale Véolia s’est engraissée d’argent public de l’Europe, en laissant le réseau d’eau se détériorer. En Martinique, la multinationale Vinci a profité des subventions européennes grâce à son partenariat public-privé pour mettre en place le TCSP (transport en commun en site propre). Trois siècles d’esclavage et des décennies de colonisation ont profité aux grandes familles riches européennes comme aux quelques familles békées des Antilles. Les travailleurs de la Martinique et de la Guadeloupe ainsi que les autres travailleurs européens sont les premiers acteurs dans la richesse de l’Union européenne.

Voter pour la liste de Lutte ouvrière c’est l’occasion pour les travailleurs de Guadeloupe et de Martinique de voter pour leur propre camp : contre le grand capital, le camp des travailleurs !  


Martinique: Ministre et poudre de perlimpinpin !

Les vendredi 12 et samedi 13 avril derniers, Christelle Dubois, secrétaire d’État auprès de la Ministre des Solidarités et de la Santé, était en visite en Martinique.

La secrétaire d’État, missionnaire du « président des riches » contre les pauvres et les travailleurs, a rencontré différents acteurs économiques engagés « contre la pauvreté » tels la CAF, Pôle emploi, l’ARS, ou les Missions locales. Elle a présenté le dernier plan du gouvernement de lutte contre la pauvreté et pour l’insertion des jeunes adultes.

Le 12 avril, elle a ainsi participé à la Conférence régionale des acteurs de prévention et de lutte contre la pauvreté aux côtés du président et des élus de la CTM (Collectivité territoriale de la Martinique). Le 13 avril elle s’est rendue à l’Acise Samu social. Sur place, une des résidentes lui a fait remarquer « le manque de moyens au sein de la résidence et les lits qui ne sont pas assez nombreux pour accueillir les personnes en difficulté ». La secrétaire d’État n’a pas répondu !

En Martinique, 32% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté avec moins de 1 000 € par mois et 10 % des adultes n’ont pour seules ressources que les prestations sociales. Tandis qu’à l’autre bout de l’échelle, les riches, les capitalistes voient leurs richesses et leurs profits s’accroître d’année en année, en toute tranquillité. Et pendant ce temps, gouvernement, mais aussi hommes politiques ou lesdits « acteurs économiques » locaux voudraient nous faire croire qu’ils se préoccupent de trouver des solutions en prenant des mesurettes de charité.

Les vrais responsables de cette situation ne sont jamais désignés. En Martinique comme ailleurs, il est hors de question de prendre sur les richesses et les profits des capitalistes pour créer de véritables emplois nécessaires à la population. Il reviendra aux travailleurs de l'imposer par leurs luttes.

Oui, devant l’urgence et le fléau du chômage massif et permanent, il est nécessaire et urgent de répartir le travail entre tous, sans diminution de salaires, en prenant sur les profits des gros capitalistes.


Guadeloupe: Le vrai visage de Maxette Grisoni-Pirbakas !

Exploitante agricole de Guadeloupe, Maxette Grisoni-Pirbakas se présente sur la liste du Rassemblement national (RN) - l’ex Front national - pour les élections européennes du 25 mai.  

Il paraît étonnant qu’une femme noire se lie à un parti raciste, xénophobe, contre les droits des femmes et anti-ouvrier. Mais ce n'est pas la première fois. Marine Le Pen veut faire croire que l’idéologie du parti a évolué. Mais en mars 2019 une députée RN était condamnée pour injure raciste à Nantes. Ce n’est pas la première et certainement pas la dernière. Maxette Grisoni-Pirbakas s’est mise au service du RN pour défendre les possédants de Guadeloupe. Ceux qui profitent déjà des subventions de l’Europe ce sont les gros planteurs dans la banane et dans la canne. Le parti de Marine Le Pen ne s’en prend jamais aux gros possédants, il préfère s’attaquer aux étrangers. Nombre de possédants locaux soutiennent le RN parce qu’il défend le « localisme» (consommer local avant tout). Ils espèrent ainsi être moins exposés à la concurrence internationale. Cela n’a aucun intérêt pour les travailleurs et les couches pauvres de la population.

Voter RN signifie qu’on vote pour un parti raciste, xénophobe, et qui défend les gros possédants. Autant dire que voter RN en tant que travailleur aux Antilles, c’est se tirer une balle dans le pied.


Guadeloupe: Girardin en Guadeloupe : un plan en cinq points et zéro solution

La ministre des Outremers, Annick Girardin, a passé trois jours en Guadeloupe mi-avril. Elle fait le tour des territoires d’Outremer pour le lancement de son projet « Trajectoire Outremers 5.0 ». Ce plan prétend transformer les Outremers en fleurons du développement durable de la France.

En Guadeloupe Annick Girardin a fait son petit tour : visite du chantier du CHU, rencontre des élus, une signature concernant les sargasses. Elle a aussi parlé de précarité chez les jeunes, de déchets, de sargasses et de risques sismiques. Elle fait bonne figure en pointant du doigt les problèmes qui certes touchent la Guadeloupe, mais sans donner de solution pour les régler.

Par exemple Girardin a signé le premier « emploi franc » en Guadeloupe. Le principe d’un emploi franc est qu’une entreprise ou une association perçoit une prime pour embaucher un jeune de quartier défavorisé. Par exemple un patron reçoit 5 000 € trois ans de suite (donc 15 000 €) lorsqu’il embauche un travailleur à temps plein. Ce n’est pas résoudre le problème du chômage, c’est surtout un cadeau pour les patrons qui embaucheront pour pas grand-chose puisque l’État paye.

Le gouvernement fait semblant de prendre des mesures pour la population, et concrètement ce sont encore les gros patrons qui vont en profiter.