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CO de 2019-2018/CO n° 1221 du 25 mai 2019/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : Le relèvement du CHU dépend d’une mobilisation populaire

 Le CHU est en situation de catastrophe sanitaire : taux de mortalité en hausse, soins de qualité non assurés, patients n’ayant plus le moindre confort hôtelier, personnel au bord de la dépression, médecins démissionnaires, fournisseurs aux abois…

Valérie Denux, la directrice de l’agence régionale de santé (ARS) a répondu par voie de presse : les Guadeloupéens ont l’hôpital qu’ils méritent ! Dans le journal France Antilles du 9 mai, ce médecin militaire venue redresser le CHU affirme que le déficit abyssal du CHU PAP serait le fait des Guadeloupéens ne payant pas leurs factures ! Mais derrière cette accusation, on le sait, il y a aussi la montée de la xénophobie contre « ces étrangers » qui soi-disant se soigneraient sans rien débourser. Eh bien oui, il faudrait que tout le monde puisse se soigner sans rien débourser. La santé n’a pas de prix ! Mais la réalité c’est que derrière ces « Guade-loupéens » se cachent la Sécurité sociale, les mutuelles, les collectivités.

L’ARS ne met pas en accusation la sécurité sociale, ni les sociétés capitalistes que sont les mutuelles qui reçoivent les cotisations de chaque travailleur. Il est plus commode de s’en prendre à la population. Le CHU a toujours été sous-financé par l’État, sa situation a donc toujours été précaire. L’incendie du 26 novembre 2017 a fini par l’achever. Les 100 millions d’euros annuels dont Denux fait grand état ne suffiront pas à relever cet hôpital. Cet établissement est obligé de fonctionner sur quatre sites éclatés, il est responsable de la santé de tout un archipel, devant offrir un plateau technique des plus performant, et il est aussi responsable de l’enseignement médical et paramédical.

Depuis la réforme T2A (tarification à l’activité) les hôpitaux sont devenus des entreprises ou la santé n’était plus l’objectif, mais le moteur de la rentabilité. Le retrait progressif de la participation de l’État a jeté « l’entreprise »  CHU entre les dents rapaces des banquiers. Et c’est au personnel que Valérie Denux reproche de ne pas comprendre qu’il y a une « dimension économique » du soin ! Il faudrait faire comprendre cette dimension aux patrons qui ne versent pas les cotisations salariales à la sécurité sociale, aux mutuelles qui se gavent, aux collectivités qui elles aussi souffrent du manque de subventions. Non ! Denux préfère là aussi s’en prendre aux travailleurs du CHU. Elle veut faire des économies sur leurs dos en supprimant des jours de congé, RTT, bonus congé pour départ à la retraite. Tout cela accompagné d’un grand mépris pour ces travailleurs du CHU « qui ne savent pas gérer », ce que des logisticiens venant de France seront chargés de « leur apprendre». Il n’y à plus qu’a espérer que ces travailleurs, aidés de la population laborieuse, apprendront à Denux ce dont une population déterminée est capable lorsque son droit à la vie est bafoué. Le relèvement du CHU dépend de cette détermination.    


Guadeloupe : Morne-à-l’Eau : de l’eau souillée dans des écoles

Lundi 20 mai, des parents d’élèves ont bloqué deux écoles du bourg de la commune.  

Depuis plus d’une semaine, la municipalité a interdit la consommation et l’utilisation de l’eau dans les établissements à cause de la présence de microbes. Depuis, aucune nouvelle de la mairie alors que les élèves ne peuvent pas boire l’eau et ne peuvent pas aller aux toilettes normalement. Certains enfants auraient eu des infections urinaires. C’est cela qui a provoqué la colère des parents. Le jour même, la mairie a confirmé que selon l’Agence régionale de santé, l’eau est de nouveau potable.

Les écoles ont rouvert le lendemain mais qu’est-ce-qui garantit que cette pollution ne se reproduira pas ? Le scandale de l’eau en Guadeloupe fait peser la menace constante d’un scandale sanitaire. 


Guadeloupe : Succès pour les grévistes de la Poste à Saint-François

Les travailleurs du centre de tri de la Poste de Saint-François ont gagné leur combat ! Ils se sont mis en grève le 2 mai dernier pour protester contre la suppression de deux emplois. La direction de la Poste cherche constamment à supprimer des emplois en profitant notamment de départs à la retraite. Les travailleurs en ont eu assez car la charge de travail est énorme pour distribuer le courrier en temps et en heure par exemple. La grève a payé. Au bout de neuf jours de mobilisation les grévistes ont gagné le maintien des deux postes menacés par la direction.


Guadeloupe : Les travailleurs du SIAEAG en grève !

Les travailleurs du SIAEAG (Syndicat intercommunal d'alimentation en eau et d'assainissement de la Guadeloupe) sont de nouveau en grève. Car le protocole de suspension de conflit du 4 avril dernier n'a pas été respecté. Ce protocole prévoyait le versement d'un solde de 12 points d'indice intégrés au salaire de base. Les travailleurs soutenus par la CGTG et l'UGTG sont bien décidés à se battre jusqu'au versement des sommes dues.


Le mois de mai, le mois de luttes !

Mai 1802

25 mai 1802 Ignace et plusieurs centaines d’hommes stationnent aux portes de Pointe-à-Pitre au niveau du Chemin des Petites Abymes. La bataille de Baimbridge commence dès 7 heures, l’assaut final sera donné à 18 heures. Ignace se brûle la cervelle pour ne pas se rendre.

28 mai 1802 1800 hommes des troupes de Richepance, envoyées par Bonaparte pour rétablir l’esclavage aboli en 1794, partent à l’assaut de Matouba. 600 hommes et femmes de Guadeloupe qui forment le dernier carré de la résistance y sont retranchés. Après des affrontements sanglants Delgrès s’est réfugié à l’Habitation Danglemont avec ses dernières troupes. Il annonce aux officiers sa décision de faire sauter l’habitation et les invite à le suivre dans la mort. Majoritairement, ils acceptent. Quand les Français font irruption, une épouvantable explosion retentit, l’habitation Danglemont vole en éclat.

16 juin 1802 : Richepance publie un arrêté rétablissant l’esclavage en Guadeloupe.

Mai 1848 en Martinique Après la révolution de février 1848 en France, le décret du 27 avril a aboli l’esclavage dans les colonies françaises. En Martinique, depuis des années la rébellion des esclaves est constante. Le soir du 20 mai à l’habitation Duchamp, le maître interdit l’usage du tambour pendant le travail. Pour avoir refusé d’obéir, l’esclave Romain est arrêté et conduit en prison en ville à Saint Pierre. Une foule d’esclaves réclame et obtient la libération de Romain. Au Prêcheur, le maire béké, Huc, tire sur la foule : trois morts et dix blessés. Les esclaves révoltés engagent alors une bataille contre quelques familles békées. Le 22 mai, le peuple envahit les rues de Saint-Pierre, enflamme une bonne partie de la ville. Face à l’insurrection, le gouverneur signe le décret d’abolition le matin du 23 mai. Les esclaves se sont libérés avant l’arrivée du décret officiel.

Mai 1848 en Guadeloupe En 1848 un élan révolutionnaire touche l’Europe. Le décret du 27 avril suite à la révolution parisienne de février décrète l’abolition de l’esclavage. La nouvelle du renversement du régime à Paris ne fait que renforcer les nombreux mouvements de révolte des esclaves en Guadeloupe, certains s’échappent, d’autres incendient les plantations. Après avril il y a de plus en plus d’incidents, de refus d’obéissance et de manifestations. Un rassemblement de milliers d’esclaves a contraint le gouverneur à décréter l’abolition de l’esclavage sur le champ le 27 mai 1848, avant donc l’arrivée du décret officiel d’abolition. D’autant plus qu’en Martinique les esclaves avaient imposés l’abolition cinq jours avant.
Mai 1967 Le 24 mai 1967, les ouvriers du bâtiment entrent en grève pour 2 % d’augmentation. Le 26 mai, ils sont réunis place de la Victoire, devant la chambre de commerce à Pointe-à-Pitre pour négocier. Le représentant des patrons Georges Brizzard aurait alors déclaré : « quand les nègres auront faim, ils reprendront le travail ! ». Des affrontements commencent entre ouvriers et gendarmes venus évacuer Brizzard. Les gendarmes lancent des grenades lacrymogènes, ils chargent à coups de matraques et à coups de pieds... Les ouvriers répliquent à coups de pierres, de bouteilles et de conques de lambi. Dans l’après-midi, les gendarmes ouvrent le feu. Jacques Nestor, militant du GONG est tué place de la Victoire. Ce n’était que le premier. La répression et les massacres ont continué tard dans la nuit. Le lendemain des lycéens de Baimbridge ont manifesté contre la répression. Des jeunes, des travailleurs se sont armés contre les gendarmes. Le 30 mai, les patrons signent une hausse de salaire de 25 % pour calmer les tensions. Le bilan de ces journées, longtemps caché, est de plusieurs dizaines de morts de la population. Une trentaine de gendarmes ont également été blessés lors des affrontements.  


Rwanda : 25 ans après le massacre, beaucoup d’hypocrisie

En 1994, entre 800 000 et un million de Rwandais de l’ethnie tutsi ont été massacrés par les extrémistes de l’ethnie hutu au pouvoir à cette époque.  

La haine entre ethnies est une création de la colonisation en Afrique. Sous domination belge, la direction des affaires avait été confiée aux seuls Tutsi. Au départ des Belges, les Hutu prennent leur revanche. La France, qui se croit toujours chez elle en Afrique, prend place au Rwanda indépendant où elle soutient le pouvoir hutu contre les Tutsi. Pas question de laisser la place aux impérialistes anglais ! En 1963 un massacre de plus de 10 000 Tutsi a lieu. Les Tutsi quittent le pays en masse. Quand ils tentent de revenir, le pouvoir hutu décide d’éliminer tous les Tutsi. Le génocide, qui commence le 7 avril 1994 a touché hommes, femmes, enfants, vieillards tutsi, jusqu’à 447 tués par heure pendant 100 jours. Des milliers de femmes sont violées. Des Hutu, dits modérés, hostiles aux massacres, sont tués aussi. La culpabilité du gouvernement français est mise en cause. L’armée française, présente sur le territoire plusieurs années avant 1994, a livré des armes aux assassins sur ordre de son gouvernement. Des banques françaises auraient dès 1990 aidé à l’achat de millions de coutelas par le gouvernement rwandais. Le Président Mitterrand aurait été directement à la manœuvre dans ce soutien aux Hutu assassins. Il fit mine de confondre massacre et guerre civile. Or plusieurs militaires présents sur le terrain déclarent aujourd’hui qu’ils envoyaient au gouvernement en France des informations claires de la préparation d’un massacre.

Pendant le génocide, l’armée française, témoin des crimes, a reçu l’ordre de ne pas intervenir ! Peu avant la fin du massacre elle organise une opération dite humanitaire mais qui permet aux Hutu de quitter le pays. Lors de la commémoration du 7 avril 2019 à Kigali, le représentant de la Belgique a jugé bon de demander pardon aux Rwandais. Le Président Macron invité s’est fait remplacer par un député d’origine rwandaise. Le président Paul Kagamé d’origine tutsi se targue de tout faire pour réconcilier les deux ethnies. Il a fait allusion, avec sévérité, au rôle passé de la France. Mais ne vaut-il pas mieux garder de bonnes relations avec les impérialistes ? Tous ces chefs d’État savent faire des grimaces et signer par derrière des accords commerciaux ou autres.  


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