Site

CO de 2019-2018/CO n° 1221 du 25 mai 2019/Quatrième page

Quatrième page

Martinique : Agriculture  baratin de notable

Dans le journal France-Antilles du lundi 13 mai dernier, Nadine Renard, conseillère territoriale du rassemblement nationaliste le Gran Sanblé et présidente de la commission développement agricole à la CTM (collectivité territoriale de Martinique) est intervenue sur la situation économique et sociale dans l’agriculture. Elle a parlé du « Schéma Territorial Agricole pour la Martinique », de la « promotion de la production ainsi que des aides aux entreprises agricoles en difficulté ».  

Pour de nombreux petits agriculteurs, tout cela sonne creux. Le mécontentement de ces petits agriculteurs a été exprimé récemment par un représentant de l’OPAM (Organisation Patriotique des Agriculteurs de Martinique) et un petit agriculteur de la canne,  lors du débat du mardi 14 mai à 20h10, sur le plateau de Martinique la 1ère, face aux huit candidats locaux aux élections européennes. Ces petits agriculteurs parlent des difficultés qu’ils rencontrent depuis des années aussi bien sur le plan financier que matériel. Ils dénoncent le fait  : « que ce sont toujours les gros planteurs qui sont subventionnés et que les responsables politiques ne font que bavarder et (nous) tenir des promesses sans (nous) venir en aide ». Une autre partie de l’interview de madame Renard dans ce journal concerne le chlordécone. Questionnée sur sa vision de l’agriculture martiniquaise, elle a répondu : « notre objectif doit être un objectif collectif, toutes filières confondues ». Faut-il entendre par là un cocktail de capitalistes empoisonneurs et de petits agriculteurs exploités ? Et elle continuait en répétant un vœu pieux, qu’il faut « tendre vers une production zéro pesticide » et que « nous devons donner une impulsion forte et accompagner les producteurs, sans créer de stigmatisation ou de division ».

Les capitalistes qui ont pollué près de 95 % des terres ne sont pas dénoncés. Pas un mot non plus sur la prise en charge gratuite du suivi sanitaire, sur l’indemnisation des ouvriers agricoles et de la population, empoisonnés par le chlordécone. C’est le cadet des soucis de ces notables de la CTM et d’autres. Ils sont tous au service des exploiteurs.


Dans les entreprises

Pawòl a travayè bannann !
Quand T. Dambas, l’esclavagiste noir, va sur les médias pour tenter de montrer patte blanche
À la veille de la grève du 14 mai, Dambas a invité la presse à Changy. Celui qui oblige les camarades à porter des régimes jusqu’à épuisement se soucie soi-disant des conditions de travail. Le jour de sa comédie, T. Dambas a pris le soin de cacher la réalité sur son exploitation en envoyant les camarades travailler très très loin des caméras !  

Dambas porte bien son surnom d’esclavagiste noir !
Tino Dambas a convoqué les camarades du syndicat à une réunion du comité social et économique, le 27 mai, jour de commémoration de l’abolition de l’esclavage en Guadeloupe. T. Dambas voudrait rétablir l’esclavage mais les camarades ont bien l’intention de lui montrer qu’ils sont les dignes fils de Louverture, Dessalines, Ignace, Massoteau… !

Échos de l’Aéroport
Air France : interdire les licenciements !
Sous le titre de PDV (plan de départs volontaires), c’est encore 465 emplois qui doivent être supprimés sur les 3 200 postes du réseau intérieur français. C’est le premier, et sans doute pas le dernier, plan de licenciements du nouveau PDG, Ben Smith, qui de son côté ne s’est pas gêné pour quasiment doubler ses rémunérations par rapport à son prédécesseur.
C’est toujours le personnel qui finit par payer les pots cassés de la gestion des dirigeants, lesquels se font grassement rémunérer pour mettre les gens dehors. On parle déjà d’une possible suppression de 1 000 emplois au niveau du siège. Même si nous ne semblons pas être concernés cette fois en Guadeloupe, tout cela n’augure rien de bon. Nous aurons sans doute à nous battre pour ne pas pâtir à nouveau de cette politique.    


LIAT : chantage aux licenciements

Les principaux actionnaires de la compagnie aérienne caribéenne LIAT ont exigé des sacrifices des salariés avant de rechercher des fonds auprès des banques ou autres riches capitalistes.  Ses principaux actionnaires sont les gouvernements d’Antigua-et-Barbuda, la Barbade, la Dominique et St Vincent-et-les-Grenadines. Au total quinze îles, dont St Martin, la Guadeloupe et la Martinique, utilisent les lignes de la LIAT. Pendant le mois de mars les salariés de la LIAT, plus de 600, ont été invités à accepter des baisses de salaire pour compenser les immenses pertes de fonds de la compagnie. Le Premier ministre de St Vincent, Ralph Gonsalves, a convoqué en urgence les syndicats et a menacé les salariés de perdre leur emploi s’ils ne cédaient pas. Face au prétexte annoncé de fermeture de la compagnie, ceux-ci ont accepté une perte de 6 % de leurs revenus. Mais ils ne sont pas dupes. Ils ont signalé que les pertes de la compagnie sont dues aux constantes et graves fautes des dirigeants de la LIAT. Ils ont obtenu l’engagement express que le management soit réorganisé. Des pilotes ont été invités à faire partie du conseil d’administration. Plusieurs îles de la Caraïbe sont des paradis fiscaux, les gouvernements ont d’autres façons de récupérer des fonds. Mais comme partout le plus simple pour les États et les capitalistes est de faire payer les travailleurs. Aux riches de payer ! Il y en a en Caraïbe !


La fête de Lutte ouvrière, les 8, 9 et 10 juin

 Elle se déroule durant le long week-end de la Pentecôte. Combat ouvrier y tient un stand politique et un stand où l’on peut se restaurer. Nous invitons tous nos amis qui se trouvent dans la région parisienne à venir à cette fête. Politique, forums, débats, art, culture, gastronomie, cinémas, livres… le temps vous manquera pour tout voir et savourer. La fête de Lutte ouvrière se déroule dans la ville de Presles dans le Val d’Oise. Pas loin de Paris. Une navette de car gratuite part du métro Saint-Denis-Université. Pour tout renseignement, allez sur le site de Lutte ouvrière sur Internet et vous saurez tout !


Parcoursup : moins de farce, plus de facs 

 Le 15 mai, les lycéens en terminale ont reçu des réponses de la plateforme Parcoursup, le logiciel qui permet de sélectionner les futurs étudiants. Beaucoup n’ont toujours pas d’affectation, surtout ceux des quartiers défavorisés. De plus, près de 67 000 lycéens qui avaient reçu des avis positifs pour leurs études se trouvent être en réalité sur liste d’attente. Avec ce gouvernement l’accès aux études supérieures se restreint et les plus pauvres en sont de plus en plus exclus.


Haïti : La spéculation dégrade les conditions de vie des pauvres

La valeur de la gourde continue de chuter. En avril il fallait 50 gourdes pour un dollar et en mai 90 gourdes pour un dollar, 98 gourdes pour un euro. Les prix des produits de consommation courante s’envolent.

Cette situation profite à certains secteurs de la bourgeoisie, les patrons de la zone industrielle notamment, et pour l’immense majorité des classes laborieuses, les conditions d’existence tournent à la catastrophe.

Au parc industriel Sonapi, les ouvriers dénoncent les quotas de travail élevés, des congés sans solde qui ne leur permettent même pas de toucher un salaire des plus maigres. Les patrons de l’usine H4 refusant de leur payer les jours fériés et les dimanches, au début du mois de mai, les ouvriers de H4 ont débrayé. Vendredi 10 mai, les infirmières ont gagné les rues pour dénoncer leurs mauvaises conditions de travail et la précarité de leur vie. Dans l’administration publique, chaque jour, des petits employés d’un ministère ou d’un autre se mettent en grève pour exiger le paiement des arriérés de plusieurs mois de salaire, d’autres pour dénoncer leurs mauvaises conditions de travail.

Au début du mois d’avril, la chambre des députés avait proposé aux travailleurs un ajustement du salaire journalier à 750 gourdes, un peu plus de huit dollars aujourd’hui. Les patrons ont protesté et menacé de déplacer leurs usines, de détruire l’économie du pays et le gouvernement temporise. Les politiciens qui sont au pouvoir s’y accrochent en continuant de piller les caisses de l’État, en finançant les gangs armés qui contrôlent les quartiers populaires. Ceux qui sont dans l’opposition cherchent par tous les moyens à conquérir le pouvoir en expliquant à la population qu’ils détiennent les solutions à ses problèmes. L’amélioration des conditions de vie des masses pauvres ne dépendra pas de l’accession au pouvoir d’une chapelle politique plutôt qu’une autre, mais d’une lutte consciente, collective et générale qu’elles mèneront contre leurs exploiteurs.  


Iran : Menace d’intervention militaire américaine

Les menaces proférées par le gouvernement américain contre l’Iran se sont renforcées depuis le début du mois de mai. Elles sont confortées par l’envoi de matériel militaire dans la zone.   Le prétexte imprécis serait des menaces contre les intérêts américains. Le gouvernement a envoyé dans le Golfe persique, proche de l’Iran, un porte- avion et des bombardiers, puis un second navire de guerre ainsi que des missiles antimissiles. L’Iran est un pays du Moyen Orient, zone riche en pétrole, qui tient tête aux Etats Unis ainsi qu’à leur bras armé dans la région : Israël. L’accord sur le nucléaire iranien, conclu en juillet 2015 entre l’Iran, les États Unis et cinq autres pays dont la France et la Chine, encadrait le programme nucléaire du pays. Mais les USA ont renié l’accord en 2018 et ont renforcé les sanctions économiques contre l’Iran. Actuellement, les USA interdisent à tout pays d’acheter le pétrole iranien. De telles sanctions, renforcées par la crise économique, aggravent lourdement les difficultés que subit la population iranienne. L’impérialisme américain veut imposer sa domination sur l’ensemble du monde et casser tout pays qui lui tient tête. On l’a vu en Irak dans les années 2000, où l’intervention américaine et la guerre qui a suivi ont semé le chaos, et aujourd’hui les menaces pèsent sur le Venezuela, après la Corée du Nord. Les gesticulations de Trump sont outrancières et ridicules, mais les armes de guerre sont bien là et une agression militaire n’est pas à exclure.


Annonce aux lecteurs !

Nous ne serons pas en mesure de faire paraître le prochain numéro normalement c’est-à-dire le 8 juin. Nous reparaitrons donc 15 jours après, c’est-à-dire le 22 juin !


Bookmark and Share