Site

CO de 2019-2018/CO n° 1222 du 22 juin 2019/Première page

Première page

Éditorial: De nouvelles mesures contre les classes populaires !

ZoomLe premier ministre Édouard Phillipe a déclamé un discours de plus, devant l’Assemblée nationale, le 12 juin dernier. Il prétend associer les élus et les citoyens aux décisions, être moins arrogant. Macron a prononcé la veille un discours dans lequel il a regretté d’avoir eu trop de distance avec les Français. C’est la mobilisation des gilets jaunes qui est à l’origine de ce changement de ton. Mais c’est une vaste hypocrisie.

Le montant de l’allocation chômage sera baissé, voire suspendu pour soi-disant « faire en sorte que le travail paye toujours plus que l’inactivité ». C’est un commentaire méprisant sur une mesure mesquine du gouvernement et du patronat, qui prétendent que le maintien des allocations n’incite pas à reprendre un emploi. Alors que les responsables du chômage, ce sont ces patrons qui licencient. Sur les retraites, ils pensent mettre en place un système universel qui concernera tous les secteurs, publics comme privés. Macron l’a affirmé, « nous devons travailler plus longtemps. C’est la clé de la réussite du pays »… de la réussite des Pinault, Arnauld, Hayot, Despointes et consorts, oui ! Pour tenter de faire passer la pilule, il dit prévoir de donner plus de pouvoir d’achat, en baissant de 27 milliards les impôts des ménages. La taxe d’habitation sera supprimée et l’impôt sur le revenu des classes moyennes sera diminué. Pour les travailleurs, la prime exceptionnelle de fin d’année serait reconduite en 2020. Mais ce sont des gouttes d’eau dans l’océan de la baisse continue du niveau de vie des classes populaires. Il a annoncé qu’ils prendront des mesures à travers un système de bonus/malus pour sanctionner les entreprises qui ont recours aux CDD (contrats à durée déterminée) et aux contrats précaires.

Les derniers faits d’actualité en France nous montrent à quel point le président et son gouvernement mentent effrontément quand ils prétendent se soucier du sort des travailleurs. General Electric (GE), le géant industriel américain, a prévu de supprimer 1 045 emplois en France, alors qu’ils ont promis en 2015 de créer 1 000 emplois. Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, a déclaré que « c’était trop » et « inacceptable », tout en envisageant d’aider GE en promettant d’investir d’autres millions. Ce sont encore des promesses pour endormir les travailleurs. Tous les gouvernements qui se sont succédé ont été complices des patrons licencieurs après avoir arrosé de millions d’aides publiques ces entreprises. C’est le cas aussi d’Ascoval, de Whirlpool, etc. Pour continuer à financer les capitalistes, le gouvernement réduit les dépenses publiques en fermant des services, en supprimant des postes. Aucune mesure n’a été prise pour s’attaquer réellement au chômage ni pour contraindre les riches, la bourgeoisie, qui font des milliards d’euros de bénéfices à payer. Aux Antilles, les élus tels que le président de Région Chalus, le député Serva, la députée Kéclard-Mondésir qui a soutenu la liste de Macron aux dernières élections européennes, sont aussi complices de cette politique. Ce sont les serviteurs locaux du grand patronat. Ils soutiennent les coupes dans les budgets nécessaires à la population comme la santé, l’éducation, pour financer les subventions, les baisses des cotisations patronales et cadeaux en tous genres au grand patronat.

La classe capitaliste dicte sa politique à Macron et à son gouvernement, elle s’enrichit en accroissant son parasitisme sur le dos des travailleurs et de la population pauvre. Il serait nécessaire d’exproprier cette bourgeoisie afin d’organiser une société qui défendrait l’intérêt collectif. Pour y arriver, la seule classe capable de la renverser est la classe ouvrière.


Martinique : mobilisation au collège Asselin de Beauville de Ducos

Le mercredi 29 mai, des enseignants, des membres du personnel et des parents d’élèves se sont mis en grève pour protester contre la suppression de plusieurs postes et la fermeture de classes à la prochaine rentrée scolaire. L’établissement est resté fermé. Le 7 juin, les grévistes ont défilé dans le bourg de la commune pour montrer leur détermination. Le principal avait décidé de rouvrir l’établissement le 14 juin mais les grévistes ont maintenu la fermeture et ont organisé une assemblée générale pour préparer la rencontre avec le recteur de l’académie de Martinique prévue le 17 juin.


Guadeloupe : la grève au SIAEAG se poursuit

Les agents de statut privé du SIAEAG poursuivent leur grève pour l’application du protocole d’accord signé le 4 février 2019. Les grévistes sont déterminés à arracher leur revendication. Ils ont débarqué au siège de Jarry pour se faire entendre vendredi 14 juin. Ils étaient venus chercher leurs tickets restaurant que détenait la responsable de la régie Mme Maisetti. Celle-ci refusait obstinément de remettre ces tickets aux grévistes. Après plusieurs heures de discussion, parfois en présence des gendarmes qui sont venus voir ce qui se passait à la demande de la direction, les grévistes ont pu repartir avec leurs tickets. C’est une première reculade de cette responsable et de la directrice des ressources humaines honnies par les grévistes ! Ensuite, les agents se sont rendus à une réunion avec Christian Baptiste, le maire de Sainte-Anne qui remplace provisoirement Laurent Bernier (maire de St François) à la tête du SIAEAG. Une délégation d’élus a reçu les camarades en grève. Pour eux, il ne s’agit plus de négocier mais d’obtenir l’application pure et simple de l’accord. Les élus ont déclaré qu’ils étaient d’accord avec les travailleurs. Un nouveau rendez-vous a été fixé au mercredi 19 pour confirmer l’accord des maires avec les grévistes.    


Grève des conducteurs de bus de la société Alizés Transports

Les conducteurs de bus de la société Alizés Transports sont en grève depuis le 28 mai. Ils ont appris que leur patron, Hugues Tel, a décidé de les mettre en chômage partiel car il n’y aurait plus suffisamment d’activité. Les conducteurs, très méfiants, ont toutes les raisons de ne pas faire confiance à leur employeur. Ils se souviennent qu’il y a quelques années, Tel avait mis en chômage partiel les salariés de la CODEV. Après avoir obtenu des subventions de plusieurs milliers d’euros du Conseil départemental et de la Région pour renflouer sa société, cela ne l’avait pas empêché de jeter la majorité des salariés de la CODEV à la rue et de fermer l’entreprise. Ceux qui sont restés ne veulent plus se laisser faire. Les grévistes se sont rendus à plusieurs reprises à la Région pour exiger que tous les conducteurs qui sont embauchés par la société Alizés Transports soient repris dans le cadre du nouvel appel d’offres pour lequel leur employeur a soumissionné. En fait d’employeur, ils ont découvert que Tel ne serait plus leur patron. Un dénommé Lima, gérant de la STAC, s’est invité à la table des négociations en disant qu’il est le nouveau gérant de la société Alizés Transports. Finalement, il a déclaré aux salariés qu’il n’est pas gérant de l’entreprise mais qu’il met de l’argent pour la sauver. En attendant, les salaires du mois de mai n’ont toujours pas été payés ! Les conducteurs veulent la garantie de leur emploi !


Guadeloupe : la mobilisation commune se poursuit

Les prochaines actions sont prévues à Basse-Terre : le vendredi 28 juin à 19h, meeting sur le bord de mer derrière La Poste, et le samedi 29 juin à 8h30, rassemblement devant la mairie. La plupart des syndicats de travailleurs appellent à cette mobilisation, notamment la CGTG et l’UGTG. Plusieurs actions ont déjà eu lieu depuis la manifestation unitaire du Premier mai. Les revendications concernent l’eau – souvent coupée et rarement potable – mais aussi les services publics qui se dégradent, en particulier l’éducation et la santé. Les organisations dénoncent également le chômage massif qui frappe les travailleurs, surtout les jeunes. Combat ouvrier appelle ses sympathisants, et tous les travailleurs, à participer en nombre à ces mobilisations ! Tous au meeting du vendredi 28 juin Et à la manifestation du samedi 29 à Basse-Terre !


 CHU : Macron, le pompier pyromane

Le 5 juin, le directeur du CHU de Pointe-à-Pitre-Abymes écrivait à l’ARS (Agence Régionale de Santé) pour signaler un manque de médicaments importants au CHU, notamment la morphine qui permet de soulager la douleur des patients. Les fournisseurs refusent de livrer car le CHU ne peut pas payer. Le 12 juin, Macron a accordé 20 millions d’euros pour le CHU. Ces 20 millions permettront d’acheter en urgence les médicaments qui manquent. L’argent accordé devra néanmoins être remboursé à l’État. Ce prêt ne fera pas disparaître la dette de fournitures de 45 millions du CHU, et cela ne règlera pas le problème de fond : la politique d’austérité sur la santé. Les responsables de la situation catastrophique des hôpitaux sont les gouvernements successifs, qui ont réduit les budgets et forcé les hôpitaux à s’endetter.  


Bookmark and Share