Site

CO de 2019-2018/CO n° 1222 du 22 juin 2019/Deuxième page

Deuxième page

Banane : silence, on tue !

Suite à une énième plainte du gros planteur Tino Dambas, notre camarade Jean-Marie Nomertin a été condamné à 5 000 € d’amende avec sursis, 2 000 € de dédommagement et 1 000 € de frais de justice. Notre camarade a fait appel de cette décision. Tino Dambas avait porté plainte contre le camarade Nomertin parce qu’il l’aurait accusé de la mort d’un ouvrier. Ce dernier, Guerrier Rousse, était âgé, épuisé et gravement malade. Dambas l’obligeait à transporter des régimes de bananes. Durant le procès, face aux ouvriers de la plantation confirmant l’exploitation à mort du travailleur décédé, le procureur avait réclamé la relaxe de notre camarade. Le juge a lui préféré réaffirmer le caractère de classe de la « justice » défenseuse des grands possédants et des capitalistes en condamnant Jean-Marie Nomertin. Dambas, qui n’a toujours pas digéré la grève de 2017, ne cesse d’engager des poursuites au tribunal pour punir les grévistes et les dirigeants du syndicat de la banane. Alors qu’il poursuit 22 ouvriers grévistes au tribunal des Prud’hommes, il a déposé une nouvelle plainte contre Jean-Marie Nomertin parce qu’il l’aurait lui aussi surnommé « l’esclavagiste noir ». Qu’à cela ne tienne, toutes ces audiences et convocations permettront aux ouvriers de la banane et à tous les travailleurs de Guadeloupe de suivre le nouveau procès public de l’exploiteur Tino Dambas !    


27 mai : les ouvriers mobilisés contre l’esclavage moderne à Changy

Le 27 mai au matin, une trentaine d’ouvriers de la banane se sont réunis à Changy (Capesterre-Belle-Eau) devant la plantation de Tino Dambas, pour dénoncer ce patron surnommé « l’esclavagiste noir ». Dambas oblige les ouvriers à travailler le 27 mai, un jour férié célébrant la lutte des esclaves pour leur libération, sous peine de licenciement. Les travailleurs ont distribué des tracts à la population. Tino Dambas, qui est passé par là à deux reprises, n’a pas fait le fier.


Martinique : Lyannaj pou dépolyé Matinik

Samedi 15 juin, à l’appel du collectif Lyannaj pou dépolyé Matinik (Union pour dépolluer la Martinique) composé de militants associatifs, syndicaux, d’agriculteurs et d’élus, une cinquantaine de personnes ont manifesté dans les rues de Fort-de-France. Des associations de Guadeloupe et de France se sont jointes à la mobilisation. Les manifestants interpellaient l'État sur la pollution au chlordécone. Lors de sa visite aux Antilles en septembre dernier, Macron s’était engagé à prendre des mesures contre les conséquences de la pollution au chlordécone et autres pesticides. Il avait appelé cela « l’objectif du zéro chlordécone ». Presqu’un an plus tard, rien de concret. Un zéro pour Macron. Le collectif Lyannaj pou dépolyé Matinik ne compte pas s’arrêter là et a prévu d’autres actions.  


Plan chlordécone : rien pour les ouvriers

La ministre des Outremers, Girardin, a présenté des mesures qui devraient être prises par l’État. Il n’y a rien pour les ouvriers de la banane, qui ont été et qui sont toujours les premiers exposés. Pourtant, Macron avait promis en 2018 une ouverture au registre des maladies professionnelles pour les ouvriers atteints de cancer. Visiblement c’était encore du vent.


Jacques Gaddarkhan : des opérations financières suspectes

 La semaine dernière, Jacques Gaddarkhan a été placé en garde-à-vue pour détournement de fonds présumés dans une de ses sociétés de construction, la Sotradom. Les faits remonteraient à 2017 et le détournement atteindrait près d’un million d’euros. Les gros patrons sont des malfaiteurs. De temps en temps la justice en poursuit un, pour faire semblant, mais la plupart continuent leurs combines sans être inquiétés.


Congés bonifiés: Macron recule

Le 12 juin, Macron a partiellement renoncé à modifier le système des congés bonifiés : les agents auront le choix entre conserver l’ancien système ou basculer sur le nouveau. Macron avait décidé de limiter les congés bonifiés à un mois tous les deux ans, contre deux mois tous les trois ans actuellement. À plusieurs reprises, les fonctionnaires originaires des Antilles, de la Guyane et de la Réunion se sont mobilisés, contre la réforme de Macron, mais aussi contre le fait que certains agents sont privés de leurs congés, au bon vouloir de leur direction. Après le recul de Macron, les salariés restent mobilisés. Ils étaient plusieurs centaines dans les rues de Paris le 14 juin dernier. Encadré Les congés bonifiés ont été créés en 1978. Beaucoup d’Antillais, de Guyanais et de Réunionnais avaient déjà été recrutés dans les services publics en France. Afin de compenser leur éloignement, ces fonctionnaires ont droit à deux mois de congés supplémentaires tous les trois ans, pour pouvoir se rendre dans leur département d’origine. Leur voyage est pris en charge ainsi que celui de leurs enfants, et de leur conjoint s’il a de faibles revenus. Pendant ces congés, le salaire des agents est augmenté, pour tenir compte du coût de la vie plus élevé dans les Outremers.  


Guadeloupe: Beaucoup de mousse, toujours pas d’eau au robinet !

Le 14 juin, le président de la Région Ary Chalus, accompagné de nombreux élus, s’est félicité de l’inauguration d’une usine de production d’eau potable à Perrin, aux Abymes. Un mois avant, ces élus se congratulaient autour de l’idée de la création d’un organisme unique pour la gestion de l’eau en Guadeloupe. À l’approche des élections municipales, les élus font feu de tout bois pour se faire bien voir de la population qui subit des coupures incessantes. Déjà, en janvier 2018, ils annonçaient un plan de 71 millions d’euros de travaux « d’urgence » pour mettre fin aux tours d’eau d’ici janvier 2020. Il est difficile de croire en la réalisation de cet objectif : ces travaux « d’ur-gence » ont débuté avec six mois de retard, la construction de l’usine de Perrin en est un récent exemple. Seules des mobilisations massives de la population pourront mettre assez de pression sur le gouvernement pour obtenir la réfection immédiate de l’ensemble du réseau d’eau !  


États-Unis Los Angeles : augmentation du nombre des personnes sans domicile

(Traduit du journal The Spark, groupe trotskyste nord-américain). Le nombre de personnes sans domicile dans le grand Los Angeles a augmenté de 12 %, soit 58 936, selon le nouveau rapport de l’autorité des services chargés des sans domicile fixe du comté de Los Angeles. Cette autorité a conclu que les deux principales raisons à l’origine de ce phénomène sont la crise du logement et la crise économique. Alors que le revenu moyen par foyer a diminué de trois pour cent entre 2000 et 2017, un locataire devait gagner 47,52 dollars de l’heure pour avoir les moyens de payer le loyer mensuel moyen demandé pour la location. Plus de deux millions de résidents du comté dépensent plus de 50 % de leur revenu mensuel pour leur logement. Ainsi, l’une des villes les plus riches du monde, avec beaucoup de personnes compétentes, ne peut pas résoudre le problème causé par les bas salaires et les loyers élevés ! C’est parce que ce système capitaliste est la source qui génère les sans domicile. Si on ne change pas ce système, la misère qu’il crée subsistera.