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CO de 2019-2018/CO n° 1222 du 22 juin 2019/Quatrième page

Quatrième page

Dans les entreprises

L’Écho de Jarry
EDF Centrale Jarry : un grand chef blanc en approche ? Ces derniers jours, une société est venue nettoyer la centrale. D’habitude, la centrale est nettoyée parce qu’un grand chef blanc vient en visite. Les chefs essayent-ils de cacher le vrai visage de la centrale ?  

Pawòl a travayè
bannan SA Bois-Debout : les camarades refusent les ponts bananiers À la veille du jeudi de l’Ascension, la direction a proposé aux camarades de faire le pont. En réalité il ne s’agissait pas de faire bénéficier les ouvriers d’une journée supplémentaire de repos comme c’est le cas partout, mais de déplacer la journée de travail du vendredi au jeudi de l’Ascension. Les camarades ont protesté et la direction a annulé son projet de pont an ba pòyò !

SA Bois-Debout : travaux du hangar, le directeur marche sur la tête ? Depuis quelques jours, la direction a lancé des modifications dans le hangar avec l’ajout d’une passerelle et la modification de la chaîne. En tout cas, ces travaux ne permettront pas d’augmenter la production : premièrement les camarades sont coincés et ne peuvent plus manœuvrer le transpalette correctement, et deuxièmement le toit du hangar prend toujours l’eau. Les camarades ont bien l’intention de ne pas travailler dans la précipitation pour éviter tout risque d’accidents, qui sont déjà si nombreux sur la plantation !

Plantation SCAFC (ex- Pomme Rose) : sous pression, le patron lâche des tenues ! Suite à un entretien avec le directeur durant lequel les camarades ont exprimé leur détermination à se faire respecter, il leur a apporté : deux pantalons, des gants et une paire de bottes. Comme quoi, avec un peu de pression, ce qui était impossible avant devient tout de suite possible !

L’Écho de l’aéroport
SAMSIC : bon débarras, mais la relève n’est pas fameuse... Le directeur régional de Samsic va quitter son poste en Guadeloupe pour d’autres cieux. Nous n’en garderons pas un souvenir impérissable, surtout après son attitude pendant et après la grève de 2018, son mépris et ses tentatives d’intimidation. Nous souhaitons bien du plaisir aux collègues qui en hériteront, s’il reste dans la boîte. Il sera semble-t-il remplacé par le directeur de Samsic en Martinique, qui n’arrive pas avec une bonne réputation. À nous de lui faire comprendre rapidement que nous n’acceptons pas n’importe quoi. …

SAMSIC creuse son déficit en Martinique ? La direction de Samsic a l’habitude de nous dire qu’elle ne fait pas de bénéfices aux Antilles, voire qu’elle est déficitaire. Tout cela bien sûr pour refuser de nous payer comme elle le doit. Étrange, cependant : elle vient de prendre le service piste d’Air Antilles en Martinique, ce qui élargit un peu plus son activité. Alors, masochisme ou intérêt bien compris ? Il serait étonnant que les actionnaires acceptent la première solution. Nous non plus, nous ne sommes pas « maso », et il faudra bien, tôt ou tard, qu’ils crachent un peu plus de ce qu’ils nous doivent.

Antilles Sûreté Guadeloupe (ASG) : un exemple à suivre ASG fonctionne de façon totalement abusive avec une cinquantaine de CDI, et autant d’intérimaires. La boîte d’intérim, Placidom, est la propriété du même patron Marie-Joseph. Ce qui lui permet de faire de substantiels bénéfices en ne payant pas au plein tarif les collègues intérimaires. Mais il se trouve que ceux-ci travaillent de façon continue parfois depuis plusieurs années, ce qui est en principe illégal. Sept collègues ont donc fait une démarche en justice que le patron a tenté de désamorcer en leur attribuant un CDI. Sa ki bon pou zwa, bon pou kanna. Les autres collègues ont tout intérêt à mèt an wout pour être eux aussi régularisés.

Après l’audit : les agents de sûreté ne sont pas des lampistes À la suite de l’audit de sûreté du mois passé, la SAGPC et les directions de Protect Company et ASG tentent de faire porter le chapeau aux agents pour tous les écarts qui ont été signalés. Dans certains cas, des rappels à l’ordre, voire des sanctions ont été appliqués, alors que certaines machines de contrôle sont en panne depuis des mois, ce que la SAGPC sait pertinemment. Chez ASG, une quinzaine d’agents avaient dépassé la date limite de renouvellement de leur formation. De plus la boîte fonctionne avec autant d’intérimaires que de CDI. Cela ne dérangeait sans doute pas la SAGPC qui ainsi payait moins cher. On cherche toujours le « mieux disant », mais après vient le temps des « malpalan », dont la SAGPC qui ne se gêne pas pour critiquer les sous-traitants. Ce n’est pas aux agents de faire les frais de ces dysfonctionnements.

MSC (chariots) : un peu de mieux, mais tout n’est pas réglé À Multiservices Caraïbes, le nouveau responsable de site a tout de même fait avancer les choses, sur des revendications que nous réclamons depuis des années. Ainsi certaines primes et bonifications qui avaient été supprimées indûment par le patron ont été rétablies. Il reste néanmoins un point important à régler : l’application de l’accord Bino que nous ne percevons plus. À nous de faire le nécessaire pour que nous percevions tout notre dû.

Air France : PDV = plan de dégagement visible Air France a confirmé un nouveau "PDV", leur plan de départs volontaires. 465 postes au sol devraient être supprimés d'ici 2021. Le nouveau PDG se disait "novateur" dans ses méthodes de management. Dégrader les conditions de travail, supprimer des emplois en laissant le boulot aux autres, c’est toujours les mêmes vieilles recettes.  

Écho des Télécom
Et à Orange ça continue. Au procès de France Telecom, on a droit à tout de la part des prévenus, les anciens patrons. Déjà, ces messieurs se permettent d’exiger des fauteuils pour préserver leurs arrière-trains. Quant à Lombard, il reconnait qu’il « fait des gaffes… tout le temps ». Mais pour lui, il ne s’agit pas des 22 000 suppressions d’emplois. Cela au contraire, il en est fier : il a sauvé l’entreprise et les actionnaires ! Non, pour lui la gaffe, c’est de ne pas avoir su expliquer en quoi 22 000 suppressions d’emplois, c’était bon pour nous les travailleurs !

Échos de Pôle emploi
Caruel, ouverture express Pour ouvrir l’agence Caruel au plus vite tout a été bâclé. Des fils pendouillaient partout dans le hall d’accueil, les toilettes pour femmes sont encore non fonctionnelles, des papiers sont encore accrochés aux lames des persiennes, mais il fallait ouvrir. À ce qu’il paraît, à part ça, tout va très bien, madame la marquise…

Elle a déjà fait sa crise Son absence sur la photo de présentation de l’agence ne lui aurait pas plu, mais alors pas du tout. Pousse-toi de là que je m’y mette, lui aurait soufflé le DR qui, lui, était sur la photo qui est aussi parue dans France-Antilles. Mécontente, elle a obtenu que l’intranet présente une autre photo de la toute nouvelle agence ! Avec elle, pardi !

Et pendant ce temps-là... Pour les demandeurs d’emploi à qui Pôle emploi demande de dire qu’ils sont satisfaits, il n’y a pas que des demandeurs heureux. Demandez un peu à ceux qui viennent de se voir refuser la prise en charge de leur parcours formation, faute de suivi de leur dossier dans la nouvelle agence, ce qu’ils en pensent !

Tu t’es vu quand tu mens ? Le directeur régional de Pôle emploi n’en rate pas une. Après avoir prétendu que le projet d’organisation du travail des agences de Caruel et Dothémare avait été passé en CE en 2014, il a tenté d’affirmer, sans rire, que les représentants du personnel n’étaient pas d’accord pour la nouvelle agence. À plus de 50 collègues dans l’ancienne, souvent sans trouver ni un siège où s’asseoir ni un bureau pour travailler ! Le ridicule ne tue pas…

Encore un effort ! Par principe, la direction est d’après elle omnisciente. C’est sans doute pour cela qu’elle a décidé que les entreprises seront réparties par secteurs d’activités dans les deux agences. Elle a cependant oublié de nous donner le mode d’emploi pour travailler ensemble de concert, sur le même territoire !  


Haïti : nouvelles manifestations contrôlées par l’opposition politicienne ?

Depuis le 9 juin les manifestations appelant à la démission du président Jovenel Moïse ont repris. À Port-au-Prince, aux Cayes, au Cap et dans plusieurs villes de province, des milliers de personnes demandent que Jovenel paraisse devant un tribunal pour répondre de sa participation dans le détournement de l’argent du fonds Pétro-Caribe. Ces revendications sont mises en avant par les politiciens de l’opposition au gouvernement actuel. Et ce sont eux et leurs nervis qui impulsent et contrôlent ces manifestations. Ils n’ont pas de mal à être suivis. Car bien des habitants pauvres, des quartiers populaires et à la campagne, en ont assez. Ils pensent naïvement qu’en remplaçant Jovenel, leur sort changera. Sur la zone industrielle de Port-au-Prince, les patrons ont exigé que les ouvriers viennent travailler durant cette période. Même s’il y a des manifestations, les entreprises ne sont pas fermées et les absences sont pointées par la direction. Les ouvriers qui ont pu rejoindre les usines l’ont fait en bravant les barrages érigés par des groupes de manifestants anti-Jovenel. Et ils devront être sur leurs gardes pour toucher un salaire pour ces heures de travail. Dans ces entreprises et parmi les travailleurs des quartiers populaires, Jovenel est rejeté. Avec l’inflation et la dévaluation de la gourde par rapport au dollar, les prix augmentent chaque jour. Les ouvriers, les djobeurs, les petites marchandes n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Les dirigeants qui conduisent les manifestations actuelles, auxquelles les travailleurs prennent part, n’ont pas le même point de vue et ne défendent pas les intérêts des travailleurs. Dans les slogans « à bas Jovenel », il n’y a pas de remise en cause de l’exploitation des ouvriers par le patronat, de l’exploitation des travailleurs par la bourgeoisie. Il n’y a pas non plus de revendication sur le salaire minimum, ou l’amélioration des services publics. Ceux qui dirigent ces manifestations sont dans le même camp que les exploiteurs et veulent prendre leur place au gouvernement. Certains travailleurs s’en rendent compte et s’organisent pour faire entendre leur propre voix et faire passer leurs propres revendications. C’est cette voie-là qui est celle de l’avenir pour les travailleurs : gagner leur indépendance de classe et se battre pour eux-mêmes, et non pour d’obscurs députés ou sénateurs ayant soif de pouvoir..    


Hong Kong : recul de l’État chinois face aux millions de manifestants

Près de deux millions de personnes – sur 7,4 millions d’habitants – ont défilé, dimanche 16 juin, pour exiger le retrait de la loi d’extradition vers la Chine continentale, que le régime de Pékin avait tenté de faire passer en urgence. Le pouvoir a suspendu la décision mais n’a pas retiré la loi. Les manifestants de cette région administrative spéciale, colonisée par le Royaume-Uni et rétrocédée à la Chine en 1997, demandent le retrait définitif de la loi et maintenant la démission de la cheffe de l’exécutif, Carrie Lam. Accusée d'autoritarisme, Mme Lam a dû présenter dimanche soir « ses excuses ». Dans le même temps, un parti d'opposition a annoncé la libération lundi du leader étudiant Joshua Wong, 22 ans, figure du mouvement pro-démocratie de l'automne 2014. Jouissant de libertés impensables dans le reste de la Chine, la population de Hong Kong et la jeunesse n’entendent nullement se laisser museler par le pouvoir de Pékin. Pour l’instant le pouvoir chinois n’a pas d’autre choix que de reculer devant l’ampleur des manifestations. Ce qu’il craint surtout, c’est la contagion en Chine de la population et des travailleurs opprimés par un pouvoir qui en réalité est celui de la bourgeoisie chinoise. Ce qui se passe à Hong Kong est la preuve que tout pouvoir, même le plus fort, est contraint de reculer lorsque les masses en grand nombre sont unies dans la rue pour protester et sont à l’offensive.


Suisse : les femmes en grève pour l’égalité des salaires

Vendredi 14 juin, les salariées ont cessé le travail et diverses manifestations ont eu lieu dans tout le pays. Les femmes mobilisées ont dénoncé l’écart des salaires : les femmes touchent en moyenne 20 % de moins que les hommes. Elles ont aussi protesté contre tous les autres abus sexistes, comme le fait qu’une travailleuse sur sept est licenciée après une maternité. Vive les femmes qui se battent pour leurs droits !


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